Jeudi 29 novembre, 10H30, dans le VIIe arrondissement de Paris. Ce qui devait être un jour à marquer d’une pierre blanche pour toutes les femmes engagées en politique s’est transformé en camouflet. Les élues locales avaient été rameutées par le Haut comité à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), une instance consultative rattachée à Matignon, pour la remise officielle de leur rapport sur la « parité dans les intercommunalités » à la ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités. Elles seront finalement éconduites, l’une après l’autre. Jacqueline Gourault a décommandé… la veille, aux alentours de 22 heures. Trop occupé les jours suivants à prévenir puis gérer la crise des gilets jaunes, le gouvernement ne prendra même pas la peine de faire connaître son point de vue.
Des progrès loin d’être cosmétiques
Redoutant à juste titre de voir leur travail prendre la poussière sur les étagères d’un ministère, les bénévoles du HCEfh tentent depuis d’alerter les médias, le CESE et différents membres du Parlement sur la gravité du problème. Ils révèlent, chiffres à l’appui, que les efforts de rattrapage consentis depuis le début des années 2000 par le personnel politique masculin masquent une réalité de terrain beaucoup plus sombre. La succession ces dernières années de gouvernements paritaires comme la féminisation récente des bancs de l’Assemblée nationale ainsi que des assemblées régionales, départementales et municipales ne doivent pas faire illusion. Aussi satisfaisants soient-ils de prime abord, les progrès comptables enregistrés élections après élections ont tous été guidés par un souci de mise en conformité avec la loi. Ce sont les obligations paritaires – dans la constitution des listes devant alterner un homme et une femme ou créant des binômes mixtes, comme la composition des exécutifs – et elles seules, obtenues pour la plupart dans la douleur, qui ont permis aux femmes de faire leur entrée comme conseillères, adjointes, vice-présidentes (voire présidentes tout court). Sans que le partage du pouvoir ne devienne la norme pour autant.                

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