La reconversion de la cité administrative  de Lille, symbole d’une nouvelle politique du logement

C’était une des promesses phares de la campagne municipale : concilier la construction de logements étudiants et d’appartements accessibles aux familles. Pour soulager ses finances et trouver un nouvel usage à ce bâtiment emblématique de la ville, l’Etat a désigné le groupe Duval comme chef d’orchestre de sa reconversion, préfigurant une transformation plus globale d’un quartier en pleine mutation.

La cité administrative de Lille doit être transformée, d'ici 2030, pour accueillir 660 nouveaux logements. Photo : ESM/Mediacités

Verrue urbaine ou bâtiment remarquable ? L’esthétique de l’ancienne cité administrative de Lille peut parfois diviser. Ce qui est sûr, c’est que les deux ailes de cette tour de 76 mètres de haut (qui reste plus petite que le Beffroi) et de 21 étages sont devenues un totem de la ville. « Quand on arrive à Lille, c’est le premier bâtiment qui l’incarne », observe d’ailleurs le préfet du Nord, Bertrand Gaume. Située à proximité immédiate des gares, la cité se dresse de tout son haut derrière les fenêtres des trains qui font étape dans la capitale des Flandres.

Construite en plusieurs phases entre les années 1950 et 1970 par les architectes Albert Laprade et Serge Ménil, l’ancienne cité administrative signait à l’époque le regroupement de nombreux services de l’Etat en un lieu unique. « Un gratte‐ciel arrivé bien avant ceux d’Euralille », se remémore Frank Mordacq, le directeur régional des finances publiques.

Au plus fort de son activité, jusqu’à mille agents y travaillaient quotidiennement. La vétusté gagnant les lieux, Gérald Darmanin, alors ministre des comptes publics, annonçait leur déménagement en 2019 afin d’améliorer l’accueil du public et les conditions de travail des fonctionnaires. Les voilà désormais installés dans la flambant neuve Cité Marianne de porte des Postes, qui accueille depuis 2024 vingt services de l’Etat dans cinq bâtiments représentant 38 000 mètres carrés.
« Il était hors de question de le détruire »
Mais alors, une fois vidé de ses occupants, restait la grande question : « que faire de ce bâtiment ? », récapitule Frank Mordacq. Sa singularité entraîne une première conclusion : « Il était hors de question de le détruire ». Il était néanmoins impérieux de trouver rapidement …

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Temps de lecture : 7 minutes

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