La vidéo est en basse qualité, sur fond de musique techno. Des doigts habiles farfouillent avec une tige métallique le cœur d’un cylindre pendant 2 minutes et 3 secondes. « Démonstration d’une ouverture de serrure Dény par crochetage », déclame une voix jeune en traînant un peu sur les dernières syllabes. Postée en novembre 2012 par Suzukigsxr1000, elle culmine à près de 6000 vues. Peu, pour une vidéo YouTube. Sauf quand on considère le thème choisi.

Le mode d’emploi de cet étrange passe-temps est fourni par quelques lignes de texte à l’orthographe hasardeuse incrustées sous la vidéo : « Le principe de crochetage est assez simple, peut-on lire. Il faut 3 aiguilles et un fil de fer pour réaliser la fausse clé. Deux aiguilles doivent débloquer deux ergots dissimulés quelque part dans le cylindre, qui bloquent la porte anti fausse clé (une lampe torche est conseillée pour repérer les ergots), la troisième soulève la porte anti fausse clé pour permettre le passage de cette dernière qui devra décondamner la serrure ». Facile comme bonjour.

En mai dernier, une nouvelle vidéo fait son apparition. Cette fois, elle a été réalisée… en milieu pénitentiaire. Un comble ! On y voit un détenu crocheter la porte de la cellule d’une prison avec un simple fil de fer : il s’agit de la prison d’Osny, dans le Val d’Oise. L’homme est filmé par ses camarades hilares, qui apparaissent à visage découvert, et ce qui semble être un joint à la bouche. « Regardez la détention à nous », s’amuse l’un d’eux. La porte s’ouvre, un détenu passe la tête de l’autre côté : « C’est la libertéééé ! » exulte-t-il. « Ici, on ouvre toutes les portes », conclut très sérieusement son compère, en regardant la caméra bien en face, avant de verrouiller à nouveau la serrure en un tour de main.

Doit-on prendre ces vidéos au sérieux ? Comment est-il possible que des détenus narguent ainsi l’administration pénitentiaire (AP . . .

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