Il y a un an, Mediacités publiait les CHU Leaks, une fuite inédite de plus de 26 000 fiches d’incident qui relataient crûment le quotidien des agents, personnels médicaux et patients à l’hôpital de Toulouse. Graves dysfonctionnements techniques, sous-effectif constant, mises en danger de la vie des patients… Le constat était inquiétant et l’écho de nos révélations fut important. Un an plus tard, comment la situation a-t-elle évolué ? En tentant de répondre à cette question, nous étions loin de penser mettre à jour un événement particulièrement dramatique.

Début février, l’épidémie de grippe s’est installée en Occitanie. Les urgences, déjà saturées en temps normal (200 à 250 personnes y passent quotidiennement), sont en première ligne et doivent faire face à des pics de fréquentation qui peuvent grimper jusqu’à 400 passages en une journée. La direction du CHU a activé depuis le 21 janvier son dispositif « hôpital en tension » pour « accueillir tous les malades dans des conditions de sécurité et de qualité les plus optimales ». Elle précise à Mediacités que les équipes ont été renforcées : « Le 2 février, les effectifs alloués à l’activité des box et des sas étaient de 3 médecins, 3 internes et 8 infirmiers pour 51 patients. »

Au secteur des urgences, la situation est beaucoup plus tendue. Et ce samedi 2 février après-midi, c’est le drame. Suite à un malaise, un patient d’une soixantaine d’années arrive avec le Samu, en début d’après-midi. « C’était la mi-journée et le service était déjà gavé. On avait la tête sous l’eau », se rappelle un agent. A ce moment-là, il y a « 25 patients présents pour 2 infirmiers diplômés d’état », précisera le compte-rendu officiel du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) rédigé par la suite. Soit un infirmier pour 12 patients au niveau des sas.

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