Si la crise du covid-19 a été éprouvante pour tous, la situation des 400 000 à 500 000 gens du voyage résidant sur le territoire français l’a été plus encore. La surpopulation des aires d’accueil et l’insalubrité des équipements ont tout d’abord rendu le confinement complexe. « Les douches et les toilettes sont obligatoires mais généralement en nombre très insuffisants », explique Luc Monnin, architecte spécialisé dans l’habitat des gens du voyage. Surtout, les installations sont pour la plupart insalubres et mal entretenues. » Mais l’épidémie a aussi amplifié la fracture médicale et sanitaire qui touche ces communautés.

« Les autorités sont partie du principe que ces populations se manifesteraient auprès des services sanitaires et n’ont pas fait de prévention, explique Marc Beziat, le délégué général de l’ANGVC. Or les gens du voyage ne demandent rien car ils ont l’habitude de ne pas avoir de réponses et d’aide. » Résultat : des ONG ont dû se substituer aux pouvoirs publics. Parmi les problèmes rencontrés durant le confinement, celui des traitements médicaux non suivis ou non renouvelés faute d’informations sur la possibilité d’aller en pharmacie avec une ancienne ordonnance ou de consulter un médecin.        

 

S’il est encore trop tôt pour mesurer l’impact sanitaire de la période, la crise du coronavirus a remis en lumière un problème bien plus ancien : celui des inégalités sanitaires et environnementales des gens du voyage
Pour aller plus loin
Notre enquête s'appuie notamment sur les travaux menés depuis de longues années par la chercheuse Lise Foisneau, synthétisés dans cet article (en anglais) publié aux Presses de l'Université américaine d'Harvard, et le recensement des aires d'accueil réalisé depuis octobre 2019 par le militant numérique William Acker connu sous le pseudo @Rafumab sur le r . . .

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