La loi prévoit que les mineurs isolés soient pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance avec ouverture de droit à la santé, à l’hébergement et à l’éducation. A Lyon, ils relèvent des compétences de la Métropole. Malgré de multiples alertes adressées par courrier, de nombreux mineurs étrangers isolés restent à la rue sans protection et dorment dehors.

Un « lieu de répit » a été ouvert le 20 juillet par la mairie du 1er arrondissement et la Coordination urgence migrants, à la demande d’habitant·es du quartier qui ne supportaient plus de les voir dormir dehors. Plus de 80 personnes se sont relayées pour les accueillir en semaine de 17 heures à 8 heures du matin et les week-ends toute la journée. Les jeunes ont pu bénéficier d’un accompagnement pour leurs démarches, d’un abri et de quoi se nourrir, d’un lieu d’échanges et de rencontres. La majorité vient d’Afrique de l’Ouest. Ils arrivent tous épuisés physiquement et moralement d’un long périple de souvent plus d’un an.

Le 31 août, ce lieu est rendu aux associations du quartier. Il n’était que provisoire. C’est à la Métropole de prendre en charge ces jeunes de toute urgence.

Un rendez-vous a été demandé à la Métropole et à Forum réfugiés qui, par appel d’offres, s’est vu confier les entretiens d’évaluation de minorité. Nous souhaitons partager nos observations et obtenir la prise en charge réelle de ces mineurs (plus de 160 jeunes accueillis et suivis dans ce lieu de répit du 1er arrondissement). Aucune réponse à ce jour.

Nous constatons de plus en plus de refus au motif que ces jeunes ne seraient pas mineurs, avec des lettres types contenant des expressions comme « une apparence qui ferait plus que son âge », « un discours pas assez cohérent »… Aujourd’hui, on demande à ces mineurs de prouver leur minorité alors que c’est bien aux services compétents de les mettre à l’abri dans un premier temps et, ensuite, de faire une évaluation qui prouverait leur éventuelle non minorité.

Ces refus proviennent essentiellement d’un manque de moyens financiers et humains criants (depuis plusieurs années, les places d’accueil pour mineurs ont été réduites ainsi que le nombre de travailleurs sociaux), avec, pour conséquence, des mises à la rue brutales et/ou des conditions de prise en charge indignes.

Nous ne pouvons laisser se poursuivre la situation intolérable de ces mineurs qui touche, au delà du 1er arrondissement, l’ensemble de la Métropole. 

Nous, citoyen·nes, ne pouvons nous résoudre à laisser ces jeunes errer dans les rues de la Métropole sans protection avec tous les risques que cela représente pour eux, en particulier le risque d être « accueillis » par des réseaux d’exploitation.

Il est urgent :
– Que la Métropole assume les responsabilités qui sont les siennes selon la loi et dégage les moyens suffisants en terme d’accueil, de lieux d’hébergement, de personnels qualifiés accompagnant. Au-delà des mesures d’urgence, lors du conseil métropolitain du 17 septembre, doivent être actés les moyens humains et financiers nécessaires à combler le retard et anticiper les nouvelles arrivées.

– Que les mairies d’arrondissement, la mairie centrale ainsi que les communes de la Métropole mettent à disposition des lieux de répit, en lien avec des associations et des bénévoles, comme l’a fait la mairie du 1er arrondissement, pour accompagner la Métropole dans sa démarche.

Français ou étrangers, les mineurs doivent être mis à l’abri, éduqués, scolarisés ! Respectons la Charte universelle des droits de l’Homme et la Charte des droits de l’enfant. 

C’est notre avenir commun qui est en jeu.

Signer la pétition sur Change.org 

Point final.