«On ne souhaite pas envenimer les choses. » C’est la raison invoquée par la préfecture du Rhône lorsqu’elle a refusé à notre journaliste Alexis Demoment sa demande de visite du Centre de rétention administrative de Lyon. Vous l’avez peut-être lu cette semaine, ce lieu de détention des étrangers en attente d’expulsion est l’objet de vives critiques. Tant pour ses conditions de vie que pour les présumées violences policières dénoncées par tous nos interlocuteurs (une quinzaine) actuellement enfermés. Depuis 2016, pourtant, un décret donne le droit aux journalistes de se rendre dans ces établissements, s’ils en formulent la demande ou à l’occasion de la visite d’un parlementaire.

En gardant closes les portes du centre lyonnais, les services de l’Etat s’assoient sur ce droit. Ils envoient, par ailleurs, un message à travers leur justification qui sonne comme un aveu – « On ne souhaite pas envenimer les choses ». Autrement dit, cela ne les arrange pas de laisser la presse voir ce qu’il se passe à l’intérieur. Pas maintenant en tout cas.

Opacité partagée

Cette opacité n’est pas propre à la préfecture du Rhône : nombre d’interlocuteurs institutionnels refusent de répondre à nos questions (dans ce cas précis à notre demande de visite) ou tardent volontairement à le faire. Aborder tel ou tel sujet ne sert pas leurs intérêts. Combien de fois, au cours de nos enquêtes, entend-on : « On ne communique pas là-dessus ». Justement ! C’est bien parce que des sujets sont rangés sous le tapis, que nous nous y intéressons. Information rime avec communication, mais les deux se conjuguent souvent mal.

Pour en revenir au Centre de rétention administrative de Lyon, Alexis n’a pas été plus loin que le parloir, mais son enquête menée pendant plusieurs semaines lui a permis de réunir témoignages, photos et vidéos tournées à l’intérieur. N’en déplaise à la com’ de la préfecture.

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Point final.

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