C’est le combat d’une vie. Dans le rôle de juge au pôle financier de Paris d’abord, instruisant les grandes affaires politico-économiques des années 1990 (Elf, Tapie…), puis dans celui de femme politique, Eva Joly s’est engagée contre la corruption, la criminalité financière et l’opacité des paradis fiscaux. Depuis son échec à l’élection présidentielle de 2012, la députée européenne EELV plaide pour la transparence financière en multipliant rapports et amendements au Parlement européen. Vice-présidente de la commission d’enquête sur les Panama Papers, elle est également une des élus à la tête de la commission spéciale sur la criminalité financière, la fraude et l’évasion fiscale.

L’optimisation et l’évasion fiscale peuvent-elles être analysées, selon vous, au niveau local, à l’échelle d’une métropole ? Quels rôles jouent les acteurs locaux dans ces flux internationaux ?

On a vu au fil des années, et surtout avec la décolonisation à partir des années 1960, une accélération terrible des flux qui transitent par les paradis fiscaux. En Norvège, cela m’avait frappé de constater que beaucoup de dentistes s’étaient regroupés et avaient constitué des holdings au Luxembourg pour réduire leurs impôts. Je m’étais dit que si les professions libérales s’y mettaient, cela donnait la mesure de l’ampleur du problème. On attend des acteurs d’un territoire donné, dont dépend un tissu économique, une grande exemplarité. On attend qu’ils déclarent leurs impôts localement. Mais, de plus en plus, des PME suivent l’exemple des multinationales.

A la faveur des fuites de documents (Paradise Papers, Panama Papers, etc.), la presse a mis à jour . . .

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