L’affaire Guérini, du nom de l’ex-sénateur et président des Bouches-du-Rhône, accusé de favoritisme et trafic d’influence dans l’attribution de nombreux marchés publics, c'est lui !  La première enquête pour blanchiment d’argent à Monaco, c’est lui aussi. La pugnacité de « l'anticorrupteur » Charles Duchaine n’est plus à démontrer. Lors de ses affectations en tant que juge d’instruction à Aurillac, Bastia, Monaco ou encore Marseille, il n’a eu de cesse de traquer les délinquants en col blanc. Cela lui a valu d’être propulsé, début 2017, patron de l’Agence française anticorruption (AFA), créée après le scandale Cahuzac. Placée auprès des ministères de la Justice et du ministre du Budget, l'agence exerce des missions de conseil et de contrôle pour prévenir et détecter la corruption, le trafic d'influence, le détournement de fonds publics ou encore les cas de prise illégale d'intérêts. Entretien.

La France s’est-elle donnée les moyens de ses ambitions pour lutter efficacement contre la corruption ?

Nous avons fait des progrès incontestables au cours des dernières années. La répression est utile : sans poursuites judiciaires ni sanctions financières, le fléau de la corruption ne pourra être ramené à un niveau tolérable. La « peur du gendarme » dissuade un certain nombre d’acteurs privés ou publics, se sentant aujourd’hui plus surveillés qu’hier, de passer à l’acte. La création de contre-pouvoirs tels que le Parquet national financier (PNF), fin 2013, va dans le bon sens, tout comme les actions de prévention que mènent l’Agence française anticorruption et la Haute autorité pour la transparence dans la vie publique depuis leur création.         

Le simple fait de pouvoir parler ouvertement de corruption, aujourd’hui, en France, est déjà une grande avancée. Et même si ces récents progrès ne suffisent évidemment pas, c’est un bon début. Attention d'ailleurs à ne pas faire trop de zèle : la transparence n’est pas une fin en soi, c’est un outil pour lutter contre la corruption . . .

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