Malgré un tableau social calamiteux, l’argent public continue d’alimenter l’entreprise Vortex, qui assure le transport d’enfants et d’adultes handicapés vers leurs établissements scolaires (lire le premier volet de l'enquête de Mediapart). Sur tout le territoire, une soixantaine de conseils départementaux lui font toujours confiance et ce alors même que des problèmes de surfacturation et des plaintes d’usagers émergent régulièrement, relayés en partie par la presse locale. Tout comme l’Inspection du travail, l’Urssaf, le ministère chargé du handicap ou encore la Sécurité sociale, les conseils départementaux sont destinataires des bouteilles à la mer des salariés de Vortex. Ils auraient pu réagir, puisque la méthode de l’entreprise les touche au portefeuille.

En 2015, un chef d’agence Vortex dénonce l’établissement de fausses factures destinées aux conseils généraux de Seine-Maritime et de l’Eure. Selon lui, à l’aide d’une paire de ciseaux, d’un tube de colle et d’une photocopieuse, son agence falsifiait les relevés d’activité des chauffeurs pour les transmettre, légèrement surévalués, aux conseils généraux chargés de payer l’entreprise délégataire. Recalculant des dizaines de factures envoyées aux conseils généraux entre 2011 et 2014, ce chef d’agence, en désaccord avec la méthode, estime alors le surcoût à 700 000 euros pour les deux collectivités, des éléments dénoncés dans un article . . .