Des jeunes filles, mineures, sans contrat ni convention, sans perspectives claires, et donc à la merci des abus. Tel est le cadre aujourd’hui proposé aux jeunes footballeuses françaises qui fréquentent des centres de formation et espèrent en faire leur métier. Une affaire de violences sexuelles présumées, dont Mediapart a pu prendre connaissance, dans le plus grand club féminin d’Europe, l’Olympique lyonnais (OL), vient tristement illustrer cette réalité.

Depuis le début de la Coupe du monde, on entend beaucoup parler d’(in)égalités entre les hommes et les femmes dans le milieu du football : les écarts de rémunération sont pointés du doigt. En réalité, sans même parler d’argent, c’est le droit qui ne s’applique pas de la même façon aux adolescents et aux adolescentes.

Les jeunes filles ne sont en effet protégées par aucun contrat ou convention de 15 à 18 ans, contrairement aux garçons du même âge. Cette inégalité structurelle n’est pas que symbolique, elle a des implications concrètes et parfois tragiques.

C’est ce constat qui a conduit l’avocat Slim Ben Achour à assigner jeudi 4 juillet en référé l’Olympique lyonnais devant le tribunal de grande instance de Lyon, et à réclamer l’ensemble des documents établissant ce qu’il estime relever d’une discrimination à l’égard des femmes.

« Il y a deux victimes citées dans le signalement »

Sa cliente, Myriam* [son prénom a été modifié], a été poussée vers la sortie du centre de formation en juin 2018, après une année de galère et une semaine seulement après avoir signalé le comportement inapproprié de son entraîneur avec elle et une de ses collègues des U16 (équipe des moins de 16 ans).

Confronté aux accusations, l’entraîneur en question, qui n’a pas donné suite à nos sollicitations, a préféré démissionner. Le club a alors alerté le . . .

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