À la tête du département du Rhône depuis 2015, Christophe Guilloteau s’efforce de tourner la page centriste de l’ère Michel Mercier. Après trois mandats de député, l’élu Les Républicains doit désormais s’adapter à une collectivité consensuelle, en partie vidée de ses compétences et de ses territoires urbains avec la création de la Métropole de Lyon.

Est-ce parce qu’il est né un 18 juin mais, à 59 ans, Christophe Guilloteau aime toujours le combat politique. Le président du département du Rhône reçoit dans son bureau, dans une aile de la préfecture de Lyon. « Le seul bâtiment qu’on a gardé à Lyon après la création de la Métropole », précise-t-il. Cheveux bien coiffés sur le côté et éternel sourire aux lèvres, il s’assoit, puis se relève immédiatement pour aller chercher une carte du Nouveau Rhône qu’il pose ostensiblement entre deux canapés.

Sur le papier glacé, des punaises colorées symbolisent ses déplacements dans les communes de la collectivité, comme autant de petits soldats que l’on bouge sur une carte d’État-Major. Une approche quasi militaire toute naturelle. Réserviste dans la Marine, au grade de lieutenant-colonel, Christophe Guilloteau a encore passé quatre jours l’été dernier à faire des marches de nuit en Bretagne. « Certains vont à Saint-Tropez jouer aux boules sur la place des Lices, et puis d’autres vont faire les « cons » à porter le paquetage à Brest », lance-t-il sans ambages. Un patriotisme hérité de son grand-père, résistant dans le Rhône, et de son père, engagé volontaire en Algérie. Militant, tendance poujadiste, ce dernier sera aussi son premier adversaire sur une liste concurrente lors des municipales de Belleville-sur-Saône (Rhône) en 1983. « Il m’a toujours trouvé trop à gauche », s’amuse aujourd’hui l’élu encarté chez Les Républicains.

Mais sa véritable entrée en politique se fait avec Jacques Chirac, lors de la présidentielle de 1981. « C’était l’homme du terroir et du coup de fourchette, capable de vous livrer une vision politique en avalant des andouillettes », se souvient-il. Séduit, le jeune militant de 23 ans prend sa carte au RPR, se rend place Bellecour au local du comité de soutien, avant d’aller coller des affiches dans le Beaujolais. Insuffisant pour contrer la vague rose de François Mitterrand. « Je commence par une défaite, comme quoi j’étais motivé », se souvient-il. Mais il a pris goût à l’arène politique. Un esprit de compétition d’abord façonné par le sport. Basketteur, il refuse d’aller à l’Asvel, « pour une histoire de fille », avant d’opter pour le ski et d’être sélectionné en équipe de France espoirs. « À l’époque, nous nous entraînions sur la piste de la Sarra, sur la colline de Fourvière ». Mais, inexorablement, il glisse vers la politique.

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Devenu conseiller municipal de Belleville, il fait la connaissance de Jean Besson. Le député-maire de Tarare, décédé en septembre 2017, devient son mentor . . .

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