Des clips défilent sur l’écran de la télévision. Peu de meubles, murs blancs : le séjour laisse deviner un emménagement très récent. Chérif [le prénom a été modifié], 29 ans, s’est installé dans cet appartement de Vénissieux il y a moins de cinq mois. Il s’y plaît. « Le tram est juste en bas, les commerces au bout de la rue. Et puis, surtout, ce n’est plus la prison », commente-t-il. Après cinq années derrière les barreaux, Cherif réapprend à vivre de façon autonome. Son logement est mis à disposition par le centre Maurice Liotard de l’association lyonnaise Le Mas, qui accompagne, entre autres, des condamnés après une longue détention. 

Libre ? Pas tout à fait. Chérif purge la fin de sa peine en « placement extérieur ». Officiellement, il est encore « sous écrou ». « S’il ne rentre pas chez lui le soir ou qu’il ne respecte pas les horaires le week-end, sur le plan pénal, cela sera qualifié d’évasion », précise Nadège Thomas, directrice du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de Lyon. Paradoxe : ce dispositif est largement salué parmi les professionnels et spécialistes de la détention, mais méconnu et sous-utilisé. Explications.
I – LE CONSTAT
Les prisons françaises débordent. Le 1er mars 2019, le taux de surpopulation carcérale atteignait 117%. 71 037 détenus pour 60 867 places. Dans le détail, le problème concerne surtout les maisons d’arrêts (où sont détenues les personnes en attente de jugement ou condamnées à des peines inférieures à deux ans) : leur taux d’occupation grimpe en moyenne à 140%. Dans la région lyonnaise, Corbas ne fait pas figure d’exception. Ouverte en 2009, la prison au sud de l’agglomération affiche un taux de 136%.

Pourtant, des alternatives à l’enfermement existent. Le cas de Jérôme Cahuzac qui purgera sa peine avec un bracelet électronique en est une des illustrations médiatiques les plus récentes… Plusieurs options sont aux mains de la justice pour ne pas envoyer un condamné en prison, ou l’en faire sortir de façon anticipée :

1/ La semi-liberté. Instaurée en 1960, ce dispositif permet aux détenus de sortir en journée (les horaires sont fixés par le juge) avec l’obligation de revenir le soir en centre de semi-liberté. On ne compte que onze établissements de ce genre en France, dont un dans le 7e arrondissement de Lyon.

2/ Le placement sous surveillance électronique ou « bracelet électronique ». Mis en place en 2001, cet aménagement de peine permet d’être « emprisonné à son domicile » selon des horaires fixés par le juge.

3/ Le placement extérieur non hébergé.

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