Jean-Christophe Valdebouze est un homme en colère. Ce patron de PME familiale s'oppose depuis de longues années à son gestionnaire de réseau de transport de gaz, TIGF et à son fournisseur de gaz, Tegaz, filiales de Total. Dirigeant d’une fabrique de tuiles et briques en terre cuite basée dans la petite ville de Saverdun, en Ariège, il a constaté avec effroi l’augmentation exponentielle de ses consommations entre 1994 et 2015. Ne pouvant plus payer ses factures, il a été obligé de placer son entreprise en redressement judiciaire en janvier 2015. Pour lui, la privatisation des infrastructures a eu des conséquences fâcheuses. Elle aurait provoqué un mauvais entretien de son gazoduc Capens-Pamiers et des problèmes de mesures de ses consommations, voire même des fuites ! Depuis cinq ans, il s’est lancé dans un marathon judiciaire qu’il espère bien gagner.

Les problèmes commencent avec la privatisation

Pour mieux comprendre ce conflit, il faut remonter aux années 1990. Après la victoire de la droite aux élections législatives de 1993, François Mitterrand nomme le très libéral Edouard Balladur au poste de premier ministre. La France va alors connaître une grande vague de privatisations. Le 1er janvier 1994, la société nationale Elf Aquitaine est privatisée ainsi que sa filiale, la Société nationale de gaz du Sud-Ouest (GNSO). Rebaptisé GSO (Gaz du Sud-Ouest) elle devient une filiale du nouveau groupe TotalFinaElf. GSO ne deviendra propriétaire du gazoduc qu’en 2002. Avant . . .

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