On pourrait convoquer l’incontournable Claude Nougaro à la rescousse. Dans sa célèbre ode à Toulouse, le petit taureau chantait : « Ici, même les mémés aiment la castagne ». Donc voilà : Monique Iborra, 72 ans, aujourd’hui député La République En Marche de la sixième circonscription de Haute-Garonne, bien de son pays. Sauf qu’évoquer ainsi goujatement son âge – comme ne s’en privent pas ses détracteurs – n’amuse guère la dame, pas plus que cette réputation de bagarreuse. Elle préfère expliquer qu’elle est d’abord femme d’ « engagements » et que, par conséquent, oui, elle ne rechigne jamais face au « combat politique ». Depuis toujours ? Presque.

Pas venue au PS pour faire de la figuration

Son fort tempérament, il s’exprime déjà dans sa vie professionnelle, durant les années 1970, quand elle dirige la maternité de La Grave. On la dit « sévère ». Elle se reconnait « dure mais efficace ». Nuance. « J’ai toujours beaucoup travaillé, et donc j’exige aussi beaucoup des autres », ajoute-t-elle. Vrai. Monique Iborra ne fait jamais les choses à moitié. Quand elle prend en 1986 la carte du parti socialiste, séduite par la personnalité de Lionel Jospin, ses « camarades » vont rapidement s’apercevoir que ce n’est pas pour faire de la figuration.

Elle apprend vite. Élue à la fin des années 1980 comme simple conseillère municipale de Lévignac, elle se situe dès 1992 sur la liste régionale de Lionel Jospin qui échoue à prendre l’assemblée de Midi-Pyrénées. Six ans plus tard, en 1998, elle est encore de la partie, gagnante cette fois. Madame la conseillère régionale pousse ses pions. Il y a du rififi à la fédération socialiste de Haute-Garonne. Les hommes du patron du conseil général Pierre Izard, représentants du courant emmanuelliste, affrontent les jospinistes qui espèrent bien reprendre les choses en main. On imagine Monique Iborra dans ce camp-là. Mais point du tout. Pour l’élection au poste de secrétaire fédéral en 1999, elle se présente même contre Kader Arif, précieux fidèle de Jospin. C’est clair : elle entend peser dans les affaires du parti.

Cette bataille est perdue mais qu’importe. Il y en aura d’autres. Après le trauma de la présidentielle 2002, Monique Iborra se concentre sur la région. Elle se lance à corps perdu dans la création d’une école de la deuxième chance . . .

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