Quand on le retrouve un matin au café Le Florida, lieu stratégique sur la place du Capitole, Sacha Briand est déjà plongé dans son courrier. Et il s’étonne que son portrait puisse intéresser. Il est vrai que ce presque quinqua, élu à la mairie de Toulouse et à la Métropole depuis 2014, n’est pas le plus connu des politiques locaux. Pourtant, il occupe un poste essentiel à l’heure où les budgets des collectivités sont de plus en plus serrés. « Dans une équipe, un adjoint aux finances est toujours une pièce importante, résume le maire Jean-Luc Moudenc, dont il est l’un des fidèles. Le contexte de contraintes financières qui est le nôtre dans ce mandat rend encore plus difficile et importante sa tâche. »

Le « job » convient bien à ce passionné de la chose publique et de la gestion des collectivités. « Chacun connaît mon appétence pour les chiffres, les statistiques, les analyses », reconnaît-il. Initialement, Sacha Briand avait pourtant eu quelques réticences à l’idée d’occuper ce poste. « Je me méfie de cette volonté de mettre les gens sur leur domaine de prédilection. Un élu ne doit pas se transformer en super technicien. Il est là pour représenter la population, entendre ses attentes et essayer d’y apporter les meilleures réponses. Quand on est trop expert, on risque de faire prédominer la logique de la technique sur la capacité d’interprétation. »

Cet écueil n’est pas évident à éviter pour celui qui toujours baigné dans le microcosme politique, en commençant sa carrière dans le conseil aux collectivités locales, en 1993, à Toulouse. Pourtant, qu’ils soient opposants politiques ou partenaires de la majorité, tous louent les compétences de Sacha Briand. Pour l’ancien maire PS Pierre Cohen, l’élu est « un très bon technicien, brillant, avec des qualités de rhétorique ». Laurence Arribagé, adjointe en charge des sports, répète à l’envi qu’elle ne voit pas « qui d’autre dans la majorité pourrait occuper ce poste des finances ». La présidente des Républicains 31 poursuit : « Quand on passe devant lui pour les arbitrages budgétaires, c’est un adversaire coriace. Il maîtrise le sujet parfaitement et laisse peu de place pour l’approximation. »

Perçu comme quelqu’un de froid, Sacha Briand serait au contraire « profondément humain, humaniste, assure Laurence Arribagé. Il le cache sous une timidité qui peut s’apparenter à de la distance. Mais il est plus détendu que l’image qu’il renvoie. Par moment, c’est un vrai déconneur. » Comme pour appuyer les propos de sa collègue, Sacha Briand n’hésite pas à faire semblant . . .

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