Elle était espérée et attendue. En juillet dernier, la nouvelle piscine Camille Muffat ouvrait son bassin de 50 mètres au public, à porte d’Arras, deux petites semaines après la fermeture de l’historique piscine Marx Dormoy de Bois‐Blancs. Et pas n’importe quel bassin. Un bassin de champions, puisqu’il a servi pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Les élus lillois et métropolitains se félicitaient d’un chantier achevé en un temps record – treize mois – pour une piscine pensée comme provisoire (pour durer entre dix et vingt ans) et démontable… le temps de trouver un nouveau lieu d’implantation d’un bassin olympique après le projet avorté de Saint‐Sauveur.
L’objectif principal : maintenir une piscine ouverte sans attendre plusieurs années de chantier nécessaire à la construction d’une piscine traditionnelle. « Ce chantier [à 14 millions d’euros] fera peut‐être date au niveau national », voulait croire Valentin Martin, adjoint chargé des sports pour la ville de Lille auprès de nos confrères d’Actu.fr. Fière de ce projet « exemplaire », la ville de Lille en fait même la couverture de son magazine municipal d’octobre-novembre, intitulé « Lille dans le grand bain ».
Mais, trois mois après son ouverture, la voilà déjà contrainte de fermer « pour très longtemps ». Pour Arnaud Deslandes, c’est la douche froide, « une tuile ». « Vous savez la difficulté d’avoir des lignes de nage dans notre ville. Nous sommes confrontés à un imprévu largement regrettable et assez inacceptable », a‑t‐il annoncé, la voix en berne, lors du dernier conseil municipal.