Max-André Pick lors du conseil municipal de Roubaix le 8 juillet 2021. Photo : Capture d'écran ville de Roubaix.

Roubaix : après la condamnation d’élus pour fraude fiscale, démissions en série à la mairie

Nouveau rebondissement dans l’affaire du procès des élus de Roubaix. Ce lundi, à quelques jours du conseil municipal du 16 décembre, Guillaume Delbar a annoncé la démission de trois élus de sa majorité. « Les décisions qui s’imposent, entame-t-il, solennel, dans une publication sur Facebook. Après avoir échangé avec les intéressés et informé ma majorité, j’ai accepté la démission de leurs postes d’adjoint [à l’urbanisme] de Max-André Pick et Karima Zouggagh [en charge de la lutte contre la pauvreté], et de conseiller municipal délégué [à la coopération économique internationale] Pierre Pick. » Le même jour, le département du Nord a annoncé que Max-André Pick et Karima Zouggagh avaient quitté leurs fonctions de vice-président en charge des finances et de conseillère départementale déléguée à l’insertion.

Les trois élus ont été condamnés en première instance le 2 décembre dernier pour escroquerie au fisc par le biais de faux dons à des micro-partis politiques locaux. Max-André Pick, qui avait déjà quitté la présidence de l’office HLM départemental Partenord la semaine dernière, a écopé de 18 mois de prison, dont six avec sursis, assorti d’une peine d’inéligibilité de trois ans. Karima Zouggagh, quant à elle, a été condamnée à un an de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité. Dans une interview donnée à La Voix du Nord avant sa condamnation, elle soulignait pourtant son intention de rester en poste : « Ce serait injuste de réduire notre action depuis 2014 à ça. C’est disproportionné. Cela fait sept ans qu’on se tue à la tâche pour Roubaix. Moi, je reste la tête haute, et j’ignore ceux qui veulent me couper la tête. »

Guillaume Delbar conserve son poste

Pour sa part, le maire de Roubaix a écopé d’une peine de six mois de prison avec sursis et de deux ans d’inéligibilité. Mais contrairement à ses adjoints, sa condamnation n’a pas entraîné sa démission à la tête de la mairie. « Je précise [...] que le dossier judiciaire de Max-André Pick n’est pas celui de Guillaume Delbar. Max-André Pick a reconnu l’entièreté des faits personnels qui lui sont reprochés devant le tribunal. Dans mon dossier, qui est distinct et différent de nature, je conteste absolument les faits et mon avocat a demandé la relaxe », se défend l’édile. Les quatre élus ont fait appel de leur condamnation et sont donc réputés innocents jusqu’à leur nouveau procès, prévu d’ici six à huit mois.

Si le premier édile se considère comme « une victime collatérale », pour le chef de l’opposition municipale Karim Amrouni, la situation est bien différente. « Il essaie de se dédouaner d’une affaire dont il est l’épicentre, soutient-il dans un entretien publié par La Voix du Nord. Il faut qu’il se rende compte qu’on ne parle que de ça à Roubaix ! Guillaume Delbar est le seul à croire qu’il a encore un avenir politique dans cette ville. » Prochain rendez-vous lors du conseil municipal du 16 décembre, qui s’annonce déjà électrique.

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