En conseil municipal, le président du groupe majoritaire Maxime Cabaye a accusé le groupe insoumis « d’attiser la colère » des lycéens mobilisés. Un nouveau signe des relations électriques qu’entretiennent majorité et opposition LFI depuis six mois.
Plié en environ une heure trente, le conseil municipal de Tourcoing, qui s’est déroulé le 5 octobre, s’est achevé dans une ambiance confuse, quand la majorité a violemment attaqué les six élus d’opposition insoumis. Alors que l’ambiance s’était tendue au fil du déroulé de l’ordre du jour, des membres du cabinet de la maire s’activaient en coulisses pour préparer soigneusement un « happening filmé » – depuis disponible sur Facebook -, comme il est plus fréquent d’en voir à l’Assemblée nationale ou au conseil régional.
L’adjoint à la sécurité et président du groupe de la majorité divers droite “Vive Tourcoing”, Maxime Cabaye (LR), arborait un micro cravate. C’est en réponse à un vœu porté par l’insoumis Ali Benfiala à propos de la situation de crise du Lutteur Club de Tourcoing [lire notre article], que le show a démarré… pour aborder un tout autre sujet que la situation de ce club. Pendant près de huit minutes, l’adjoint à la sécurité et la maire Doriane Bécue ont accusé les élus insoumis d’avoir « attisé la colère » des lycéens sur les nombreux blocages et manifestations qui ont eu lieu à Tourcoing la semaine passée.
« Souffler sur les braises d’un feu naissant, légitimer la violence, promouvoir le chaos et l’anarchie. Vous avez pris comme crédo de bordéliser la ville de Tourcoing dans le seul but de porter votre Líder Máximo [expression utilisée par les médias occientaux pour qualifier l’ancien président Cubain Fidel Castro] Mélenchon au pouvoir », a‑t‐il commencé. Avant de rapporter qu’il s’était directement rendu, « en sa qualité d’officier de police judiciaire », au centre de supervision urbain (la ville de Tourcoing compte 450 caméras) pour identifier et observer dans la rue les élus d’opposition insoumis.