Bruno Bernard, candidat EELV à la présidence du Grand Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Un patron lyonnais compare l’écologiste Bruno Bernard à Hitler

Le « péril vert » leur monte à la tête… Dimanche dernier, c’était le chef cuistot Christophe Marguin, président des Toques blanches lyonnaises, qui traitait de « connards » les électeurs des écologistes devant les caméras de France 5. Ce jeudi 24 juin, c’est au tour du chef d’entreprise Jean-Louis Maier de déraper. Et pas qu’un peu ! Dans la chronique « Dépêche ! » d’Arte radio [à écouter ci-dessous], le patron qui possède cinq boutiques de montres et de bijoux de luxe sur la Presqu'île compare Bruno Bernard, candidat EELV à la Métropole de Lyon, à… Adolf Hitler.

« Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement, ce n’était pas une bonne idée », déclare-t-il au micro du journaliste Olivier Minot. Qui le relance, incrédule : « La comparaison est un peu forte. Le danger est au même niveau entre Bruno Bernard et Adolf Hitler pour la population lyonnaise ? ». « Oui », assène Jean-Louis Maier, sans se démonter. « Vous savez, quand vous avez perdu la démocratie, vous ne la récupérez pas facilement », ajoute-t-il.

Touristes de deuxième classe

L’horloger compte parmi les premiers signataires de « l’appel » des « Acteurs de Lyon ». Ce regroupement de patrons locaux anonymes se présente comme « une initiative citoyenne » qui s’inquiète de « voir Lyon devenir, à l’instar de Grenoble, une ville dirigée par une idéologie verte, avec le soutien de l’extrême-gauche ». Depuis le début du mois de juin et l’accord passé entre EELV et les diverses composantes de la gauche, « Acteurs de Lyon » diffuse tous azimuts un mail prédisant le pire à l’agglomération si les écologistes arrivent au pouvoir.

Illustration, dans la chronique d’Arte radio, par Jean-Louis Maier : les verts ont « la volonté de casser toute croissance. On ne veut plus de tourisme de luxe, on veut du tourisme de terroir, de proximité, qui arrive par le train, de préférence en deuxième classe. Moi je vends et je développe des produits de luxe. S’ils sont élus, mon activité va être réduite voire disparaître ». C'était donc ça !

« Les Grenoblois quittent la ville pour s’installer à Lyon »

Le commerçant lyonnais, qui, l’hiver, prend ses quartiers à Megève, est une figure du microcosme local. Ce mois-ci, il s’affiche à la Une de Lyon People, verre de vin à la main et les pieds dans la piscine. Dans une interview fleuve, il s’en prend encore aux verts, ses nouvelles bêtes noires, avec, toujours, l’exemple isérois. « Les Grenoblois quittent la ville pour s’installer à Lyon », assure-t-il. On y apprend aussi que Gérard Collomb comme Etienne Blanc, ex-candidat LR à la mairie de Lyon, l’ont démarché pour qu’il figure sur leurs listes. Sans succès.

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La Une de Lyon People du mois de juin. Capture d'écran.

Jean-Louis Maier avait applaudi des deux mains et des deux pieds l’alliance entre le maire de Lyon et la droite. « Un rassemblement de bonne volonté pour sauver Lyon et la Métropole de la décroissance et de la misère, terrible pour les moins favorisés de nos compatriotes », déclarait alors, déjà dans Lyon People, le vendeur de Rolex.

Sur Arte radio, à propos des écolos, il convient y être allé « un peu fort sur le côté nazi. Mais il faut être un peu excessif pour laisser un souvenir ». Entre les tags antisémites sur les affiches de David Kimelfeld et le patron qui franchit le point Godwin à grande vitesse, la campagne s’achève dans une ambiance nauséabonde.

Nicolas Barriquand

Ci-dessous « Dépêche ! - Numéro 79 », Arte radio. Le passage sur les élections lyonnaises commence à 3 minutes 30. 

 

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