Scandale Essure : quatre victimes des implants contraceptifs de Bayer portent plainte contre l’État

« Que chacun prenne ses responsabilités, reconnaisse sa part d’erreur dans cette longue chaîne de responsabilités », écrivait, en novembre 2018, Anne-Cécile Groléas, dans une tribune publiée sur Mediacités. Deux ans plus tard, avec trois autres femmes, cette ancienne élue de Vénissieux, intoxiquée par des implants contraceptifs Essure qu’elle a portés pendant cinq ans, a déposé plainte au tribunal administratif, comme le relate Le Progrès du 10 octobre dernier. Elles souhaitent voir reconnaître la responsabilité de l’État et de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans le scandale causé par ce produit, commercialisé jusqu’en 2017 par la société Bayer.

Entre 175 000 et 200 000 femmes sont ou ont été porteuses de ce petit ressort implanté dans les trompes de Fallope. Nombre d’entre elles ont témoigné, suite à l’opération, d'une multitude de symptômes : perte de mémoire, fatigue extrême, douleurs articulaires et pelviennes, etc. Elles sont aujourd'hui plus de 22 000 à avoir été « explantées », terme pudique pour désigner une amputation. Comme l’expliquait Anne-Cécile Groléas dans nos colonnes, « ceux qui ont inventé ces implants n’ont pas imaginé qu’ils devraient un jour peut-être les retirer. Ce n’est pas prévu, ce n’est pas possible. Alors on enlève tout. Les implants, les trompes, l’utérus, le col de l’utérus ».

Dégradation de la soudure

En portant l’affaire devant la justice administrative, les victimes souhaitent démontrer que les autorités sanitaires n’avaient pas exercé leur pouvoir de contrôle avant la mise sur le marché, en 2002, d’Essure. Elles souhaitent aussi pousser l’Etat à lancer des études sur le sujet et à informer les femmes concernées par ce mode de contraception définitive.

D’après diverses chercheurs, les troubles seraient très probablement liés à la dégradation de la soudure en étain des implants. Le Progrès cite aussi une étude des Hospices civils de Lyon qui a décelé la présence de nickel et de chrome dans le tissu de la trompe de Fallope et le liquide péritonéal des patientes. Une autre procédure, au pénal, a par ailleurs été engagée contre Bayer.

N.B.

A (re)lire le témoignage d'Anne-Cécile Groléas

https://www.mediacites.fr/forum/national/2018/11/29/tribune-implants-contraceptifs-essure-on-ma-mutilee-pour-le-reste-de-ma-vie/

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