Jorge Buxadé Villalba et Marion Maréchal (photos : CC/G.Skidmore)

Un ex-phalangiste, invité-vedette de la rentrée de l’école espagnole de Marion Maréchal

Jour de rentrée, le 2 octobre dernier, à l’Issep Madrid. La filiale espagnole de « l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques » fondée par Marion Maréchal (ex-Le Pen) à Lyon, en 2018, reçoit la vingtaine de premiers étudiants de son master « Leadership et sciences politiques ». Le cursus doit débuter dans l’après-midi mais, dès 9 heures, aux abords de l’école, une dizaine de jeunes se massent autour d’un homme chauve et impeccablement vêtu, silhouette fréquemment aperçue sur les plateaux de la télévision espagnole.

Jorge Buxadé Villalba, au centre de l’attroupement, est l’une des figures du parti d’extrême-droite Vox, troisième force politique du pays depuis les élections générales de novembre 2019. « Oui, je vais donner des cours à l’Issep, mais je ne fais pas partie de l’institut », précise à Mediacités celui qui siège au Parlement européen, quelques minutes plus tard, en sirotant un café.

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Jorge Buxadé Villalba lors d'un meeting de Vox. Photo : creative commons.

Jorge Buxadé Villalba compte parmi les nostalgiques de la dictature espagnole. L’homme a été candidat de « la Phalange espagnole des juntes offensives nationales syndicales », en 1995 et 1996, un parti néofasciste, baptisé comme l’organisation qui deviendra le parti unique sous Franco, et qui revendique son héritage idéologique et politique. En 2012 encore, il confiait son admiration pour le fondateur de la Phalange espagnole, José Antonio Primo de Rivera, qui importa les idées de Mussolini en Espagne dans les années 1930. « Je regrette d’avoir été au PP [le Parti populaire, la principale formation politique de la droite espagnole], pas dans la Phalange », déclarait-il aussi, en 2019, dans le journal El Mundo.

Les hommes et les réseaux de Vox

« Monsieur Buxadé ne donnera pas un cours, mais une conférence. Aucun de nos professeurs n’est un politique en activité », tient à nuancer un des responsables de l’Issep Madrid, sous le couvert de l’anonymat. L’équipe espagnole de l’école de Marion Maréchal s’évertue à répéter qu’elle n’est pas liée à Vox. Et la formation d’extrême-droite nie tout « lien organique » entre l’institut et le parti. Mais comme nous l’avons documenté dans une enquête publiée le mois dernier [à (re)lire : « De Lyon à Madrid, Marion Maréchal recrute jusque dans les rangs des nostalgiques de Franco »], l’ancienne députée du Front national s’est allègrement appuyée sur les hommes et les réseaux de Vox pour monter sa petite entreprise espagnole.

L’Issep s’inscrit dans « un mouvement culturel de réaction face au politiquement correct et à la pensée unique. Il est logique que certains [enseignants et intervenants] viennent de Vox, car cela correspond à la même bataille culturelle contre la pensée des élites mondialistes et multiculturalistes », défend notre interlocuteur cité plus haut. Dans une vidéo promotionnelle épinglée sur le compte Twitter de l’école [voir ci-dessous], on voit Marion Maréchal inaugurer son institut de Madrid en présence de Santiago Abascal, le chef de file de Vox. On y  aperçoit aussi Jorge Buxadé Villalba.

Alban Elkaïm, à Madrid

Nos enquêtes sur l'école de Marion Maréchal

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/09/08/de-lyon-a-madrid-marion-marechal-recrute-jusque-dans-les-rangs-des-nostalgiques-de-franco/

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2018/11/21/ces-entrepreneurs-lyonnais-au-service-de-lecole-de-marion-marechal/

https://www.mediacites.fr/breve/lyon/2020/10/07/un-prof-de-lecole-de-marion-marechal-poursuivi-pour-des-faits-de-violences/

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