Najat Vallaud-Belkacem sur France info, le 16 janvier. Capture d'écran.

Élections régionales : le faux suspense Vallaud-Belkacem

En communication politique, on appelle cela faire monter le désir… « C’est une hypothèse. Clairement, c’est une hypothèse », a lâché, ce samedi 16 janvier sur France info, Najat Vallaud-Belkacem, interrogée sur sa possible (probable ?) candidature aux élections régionales en Auvergne-Rhône-Alpes.

Depuis des mois, l’ancienne ministre de François Hollande, aujourd’hui directrice France de l’ONG américaine ONE (qui lutte contre l’extrême pauvreté), alimente, par petites touches, le scénario d’un retour en politique par la case région. Au début du mois, elle s’offusquait du dégraissage annoncé chez Michelin. « Près de la moitié de ces 2300 postes sont sur le site de Clermont. Terrible pour les salariés, a fortiori dans une région Auvergne-Rhône-Alpes qui a réduit à peau de chagrin le financement de leur formation professionnelle et donc leur capacité à se reconvertir... », tweetait-elle. Un véritable discours de candidate.

« Faire face à un Laurent Wauquiez »

Comme elle l’a développé au micro de France info, « Auvergne-Rhône-Alpes, j’y tiens très fort, c’est mon territoire d’élection depuis longtemps ». De fait, Najat Vallaud-Belkacem a fait ses premiers pas d’élue au conseil régional de Rhône-Alpes. C’était en 2004, dans les bagages du socialiste Jean-Jack Queyranne. Au sein du PS, certains, comme le maire de Clermont-Ferrand, s’activent pour préparer le retour de l’enfant prodigue. « Il faut qu’on ait quelqu’un capable de tenir la dragée haute à Laurent Wauquiez », plaidait Olivier Bianchi, en octobre dernier, dans les colonnes du JDD.

« Elle connaît très bien la région, elle bénéficie d'une forte notoriété et elle a très envie d’y aller, liste Jean-Jack Queyranne. Et de l’envie, il en faut pour faire face à un Laurent Wauquiez ! » L’ex-patron de la région Rhône-Alpes compte parmi ceux qui préparent le terrain à Najat Vallaud-Belkacem depuis l’été dernier. « De par sa personnalité, elle incarne l’anti-Wauquiez, poursuit-il. Elle doit sa carrière à son intelligence, ce n’est pas une héritière, et elle respecte les électeurs, contrairement à l’actuel président qui les transforme en obligés à coups de subventions. »

Ecolos crispés

Mais « l’hypothèse NVB » crispe le camp écologiste. EELV, qui a investi la conseillère régionale sortante Fabienne Grebert, entend rééditer sa stratégie gagnante des élections lyonnaises de 2020 : se présenter seul au premier tour et n’envisager une alliance avec les socialistes qu’entre les deux tours. L’arrivée de l’ancienne ministre dans le jeu régional perturbe ces plans. Elle ne pourrait qu’affaiblir les Verts au sein de la gauche. Le sortant Laurent Wauquiez, qui n’a pas encore officialisé sa candidature à un nouveau mandat à la tête de la région, se frotte les mains.

En attendant qu’elle confirme ses intentions - et de connaître la date des élections régionales [lire ci-dessous] -, Najat Vallaud-Belkacem profite de la sortie de son livre Objectif 2030 : un monde sans extrême pauvreté pour parcourir les plateaux télé et radio. Comme un tour de chauffe. Pour espérer déloger Laurent Wauquiez de la Confluence, où se trouve le siège de la région, elle devra faire oublier son précédent fiasco dans son « territoire d’élection ». Candidate aux législatives de 2017 à Villeurbanne, la socialiste avait été balayée par le macroniste Bruno Bonnell avec moins de 40% des voix au second tour. 

Nicolas Barriquand

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Panneaux électoraux, à Villeurbanne, lors des élections législatives de 2017. Photo : NB/Mediacités.

Post-scriptum - 2021 ou 2022 ? Initialement prévues en mars 2021, les élections régionales doivent être décalées en juin - soit les 13 et 20 juin, soit les 20 et 27 juin - pandémie de Covid-19 oblige. Le Parlement doit prochainement voter un projet de loi entérinant ce report. Le gouvernement a toutefois prévu une clause de revoyure en avril prochain, en fonction de l’évolution de la situation sanitaire. Déjà, plusieurs voix politiques, y compris dans l’opposition, plaident pour renouveler les conseils régionaux en 2022, après l’élection présidentielle.

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