Le siège social de GL Events, à la Confluence, à Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Chiffre d’affaires en chute libre : GL Events publie ses (mauvais) résultats 2020

La chute était attendue, elle n’en reste pas moins vertigineuse… GL Events a communiqué, la semaine dernière, ses résultats pour l’année 2020. Une annus horribilis : le chiffre d’affaires du géant de l’événementiel est passé de 1,17 milliard d’euros en 2019 à 479 millions d’euros. Une dégringolade de 59% historique pour le groupe d’Olivier Ginon, en croissance constante depuis sa création à la fin des années 1970. Les trois pôles de « GL » (Live, Venues et Exhibitions) sont tous impactés par la crise du Covid et son lot d’annulation de salons, foires et autres rencontres sportives.

« Une table ronde afin de faire le point sur la situation »

« Les emmerdes volant toujours en escadrille », selon l’expression de Jacques Chirac, GL Events a fait l’objet, le 24 février dernier, d’un courrier courroucé de parlementaires affiliés à Génération.s (le député de la Loire Régis Juanico et la sénatrice du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian) adressé au ministre de l’Économie Bruno Le Maire. Les deux élus s’offusquent « que le groupe GL Events organise depuis plusieurs semaines un plan de licenciement collectif déguisé », alors que l’État et les collectivités lui sont venus en aide (chômage partiel, prêt garanti, compensation partielle de la baisse du chiffre d’affaires de ses filiales).

Régis Juanico et Sophie Taillé-Polian citent également les ristournes obtenues, à Lyon, par la multinationale et révélées par Mediacités : six millions d’euros sur le loyer du parc des expositions Eurexpo et près de 800 000 euros sur la redevance du Centre des congrès. Ils réclament, en urgence, l’organisation « d’une table ronde avec les différents acteurs impliqués afin de faire le point sur la situation ».

« Nous sommes dans l’attente d’une réponse de Bercy, confie à Mediacités le député de la Loire. Nous souhaitons que les 4000 salariés, en France, de GL Events puissent disposer d’une information transparente et exhaustive alors que 10% des effectifs - le chiffre serait justement à confirmer - seraient menacés. »

Suppressions de postes éparpillées

Par « plan de licenciement collectif déguisé », les parlementaires font référence aux suppressions de postes éparpillées dans les nombreuses filiales du groupe. Le 5 janvier dernier, Mediacités s’est fait l’écho du projet de licenciements « pour motif économique » de sept agents du Centre des congrès de Lyon. « Un saucissonnage », dénonce la CFDT, qui permettrait d’éviter les obligations d’un plan de sauvegarde de l’emploi (l’expression officielle pour désigner un plan social). « Un plan social larvé, renchérit Régis Juanico, et hors de propos par rapport aux aides sociales dont bénéficie le groupe. » De son côté, GL Events assume que chacune de ses sociétés « gère de façon autonome ses ajustements de structure ».

« GL Events surmontera la crise sanitaire », martelait Olivier Ginon, dans Le Progrès, le 1er mars dernier. Le patron fustigeait au passage « les attaques » sur son groupe, au sujet des révélations sur les ristournes consenties par la Métropole de Lyon ou le Cofil (le Comité pour la foire internationale de Lyon, propriétaire d’Eurexpo).

Pour atténuer la publication de ses mauvais chiffres 2020, le spécialiste de l’événementiel a annoncé concomitamment l’entrée au capital de sa branche chinoise (la holding GL Events Greater China) du fonds d’investissement Nexus Point pour 77 millions d’euros dans un premier temps et 115 millions d’euros dans un second (d’ici à deux ans). La stratégie semble avoir porté ses fruits : ce lundi 8 mars, le site boursier de BFM notait que GL Events, « en dépit de ses résultats déficitaires », profitait, de la part des investisseurs, « d’un élan retrouvé ». De quoi honorer ses futurs loyers aux collectivités ?


GL Events : grands profits et petits secrets

Retrouvez les précédentes enquêtes sur le géant de l'événementiel publiées sur Mediacités

 

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