Extrait d'une vidéo de campagne de Bruno Bonnell. Capture d'écran.

Régionales : Bruno Bonnell recolle les morceaux de la Macronie lyonnaise

À couteaux tirés en 2020, en tandem en 2021. Le député Bruno Bonnell, chef de file de La République en marche (LREM) aux élections régionales de juin prochain en Auvergne-Rhône-Alpes, a révélé jeudi dernier les binômes qui conduiront ses listes dans les 13 « départements » du territoire (formellement 12 départements et la Métropole de Lyon). Pour le Grand Lyon, les rôles ont été confiés à Fouziya Bouzerda et Sarah Peillon. Un duo qui ne manque pas de sel pour les observateurs de la vie politique locale...

La première, présidente du MoDem du Rhône et ancienne patronne du Sytral, était une des dernières fidèles de Gérard Collomb. Elle co-dirigeait la campagne du baron lyonnais lors des élections métropolitaines. La seconde, collaboratrice du député Jean-Louis Touraine, était, elle, engagée auprès de David Kimelfeld. Cheville ouvrière de la campagne électorale, elle était la porte-parole de l’ancien dauphin du maire de Lyon entré en dissidence. En enrôlant ces figures du marigot local, Bruno Bonnell réconcilie, au moins en façade, les deux camps macronistes qui se sont déchirés jusqu’au terme des élections municipales et métropolitaines de 2020.

Le retour d’Arthur Empereur

Ailleurs, sans surprise, les deux députées Olga Givernet et Célia de Lavergne - qui avaient manifesté leur ambition d’être cheffe de file LREM avant la désignation de Bruno Bonnell - seront têtes de liste dans leur département respectif (Ain et Drôme). La première est conseillère régionale sortante, élue, en 2015, dans l’équipe du socialiste Jean-Jack Queyranne.

En Haute-Loire, fief de l’actuel patron de la région Laurent Wauquiez, le parti présidentiel mise sur Cécile Gallien, maire LREM de Vorey, une bourgade au nord du Puy-en-Velay. Cette élue avait créé la surprise, lors des élections législatives de 2017, en réunissant plus de 40% des voix face au rouleau compresseur Laurent Wauquiez (l’ancien patron des Républicains n’était que candidat suppléant de son ex-suppléante Isabelle Valentin, mais il était omniprésent pendant la campagne et sur les affiches).

Plus inattendu, Bruno Bonnell aligne Arthur Empereur en Savoie. Méconnu du grand public, ce jeune trentenaire fut, à Lyon, le discret mais redouté « community manager » de Gérard Collomb jusqu’à son entrée au gouvernement. Autrement dit, le collaborateur qui gérait les réseaux sociaux de l’ancien sénateur maire qu’il a suivi place Beauvau en tant que « conseiller de la communication digitale et des affaires réservées ». Arthur Empereur est ensuite resté au ministère de l’Intérieur, époque Christophe Castaner, avant de rejoindre Matignon au moment de la nomination de Jean Castex.

Dans la Loire, LREM a également investi un profil de collaborateur politique en poste à Paris, avec Quentin Bataillon, 27 ans, secrétaire général du groupe Agir à l’Assemblée nationale (après avoir été notamment assistant parlementaire du député européen Jérôme Lavrilleux). Idem en Ardèche, où se présente Ambroise Méjean, délégué général des Jeunes avec Macron, qui travaille, à temps partiel, auprès du groupe LREM au Sénat. À sa création, En Marche promettait de « disrupter » la politique. Cinq ans plus tard, comme bon nombre d’autres partis avant lui, le mouvement positionne sur des mandats locaux des collaborateurs d’élus. Pas vraiment « nouveau monde »…

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