Dans le 3e arrondissement, l'esplanade qui jouxte la place Bahadourian honore la résistante Denise Vernay. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Anne Sylvestre, Anna et Clara, Denise Vernay… Lyon féminise son espace public par petites touches

Les délibérations ont été adoptées à l’unanimité. Ce jeudi 27 mai, le conseil municipal de Lyon a approuvé deux dénominations qui mettent à l’honneur des femmes. La première concerne des locaux associatifs et le jardin public mitoyen, situés rue du Presbytère, dans le quartier du Grand Trou (8e arrondissement) désormais nommés « Clara-Anna ». La décision rend hommage à Clara Mocquot et à sa fille Anna, décédées dans l’incendie criminel d’une boulangerie, le 9 février 2019. Ce drame avait mis en lumière le sentiment d’abandon ressenti par une partie des habitants du quartier du Grand Trou [(re)lire sur Mediacités : Route de Vienne, l’appel au secours d’un quartier délaissé]. « Nommer un espace public Clara-Anna, c’est aussi une garantie contre l’oubli », a souligné le conseiller municipal Charles-Franck Lévy, élu du 8e arrondissement.

Également dans le quartier de la route de Vienne, l’école nouvellement construite place Julien-Duret prend, elle, le nom de la chanteuse Anne Sylvestre, née à Lyon et décédée le 30 novembre dernier. En honorant l’auteure des Fabulettes, les élus ont voulu salué les valeurs féministes de cette artiste qui a contribué à « faire progresser l’égalité entre les hommes et les femmes et promouvoir le lien intergénérationnel ».

Retard accumulé depuis des siècles

Deux jours avant le conseil municipal, mardi 25 mai, c’est dans le 3e arrondissement que la féminisation de l’espace public était à l’honneur. Le maire de Lyon Grégory Doucet y a présidé une cérémonie en l’honneur de la résistante Denise Vernay, sœur aînée de Simone Veil, qui donne désormais son nom à l’esplanade qui jouxte la place Bahadourian. Au mois de mars, la ville avait aussi décidé de baptiser un centre social Gisèle Halimi et un jardin Marie-Thérèse Mora.

Pas de quoi rattraper toutefois le retard accumulé depuis des décennies - des siècles ! - en matière de parité dans les noms de l’espace public. Selon un décompte effectué par Mediacités en avril dernier, à Lyon, seules 119 avenues, cours, rues et impasses sur 1928 portent le nom d’une femme. C’est moins d’une rue sur quinze.

RuesHF
En vert, les noms de rue masculins, en rouge, féminins. Cartes Mediacités.

Et si les élus font preuve de bonne volonté pour tenter de rétablir un peu d’équilibre, ils se heurtent à une difficulté majeure : les créations de voiries sont rares. D’où l’intérêt d’honorer des femmes en baptisant des équipements publics (écoles, gymnases, bibliothèques…). Pour Charles-Franck Lévy, la prochaine étape serait de veiller à une mixité « sociale et d’origine » dans les dénominations.


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