Bruno Bernard lors du conseil métropolitain (en visio) des 27 et 28 septembre. Captures d'écran.

Fronde des maires du Grand Lyon : Bruno Bernard lâche du lest

C’est ce qui s’appelle prendre les devants. Dès l’ouverture du conseil métropolitain qui s’est tenu ces lundi 27 et mardi 28 septembre, Bruno Bernard a tenté de désamorcer la fronde d’une quarantaine de maires à laquelle il doit faire face depuis la rentrée [(re)lire notre décryptage : Grand Lyon : 45 maires s’en vont en guerre contre « le modèle lyonnais »]. Ceux-ci lui reprochent une gouvernance qui serait trop autoritaire et ils instruisent le procès de cette Métropole unique en son genre qui ne prévoit plus automatiquement un siège pour chaque premier édile.

Après avoir condamné les « propos excessifs, outranciers, ridicules, inacceptables » - ça, c’est pour Laurent Wauquiez qui l’a accusé de se « comporter de façon dictatoriale » -, le président du Grand Lyon s’est fait tout miel : « Comme en amour, il y a les déclarations et les preuves d’amour. Au-delà du discours, il y a les actes. J’ai demandé à la vice-présidente Hélène Geoffroy [chargée de « l’organisation, de la cohésion et de l’égalité territoriales »] de réunir tous les maires qui le souhaitent pour améliorer les liens entre la Métropole et eux (…) et, le cas échéant, de modifier le règlement intérieur car j’ai entendu les difficultés éprouvées par les maires. »

Ce n’est pas tout ! Pour éteindre l’insurrection, l’écologiste a sorti le chéquier. « Dès 2022, je souhaite que la Métropole puisse apporter des subventions d’investissement aux communes pour certains bâtiments municipaux afin d’accompagner les hausses de population », a-t-il promis. Bruno Bernard s’est engagé sur « une enveloppe de plusieurs millions d’euros ». Sur le fond, en revanche, il s’est attaché à défendre le modèle lyonnais : « Le suffrage universel direct [pour élire les conseillers métropolitains] est une avancée démocratique importante » et cette collectivité dispose « d’une capacité d’agir exceptionnelle ». « L’intérêt métropolitain peut parfois différer d’un intérêt municipal », concède-t-il toutefois en reconnaissant « la double légitimité » issue du double scrutin de 2020.

« Si votre porte est ouverte, sortez de votre bureau ! »

À chaud, ses opposants n’ont pas retenu leurs coups préparés à l’avance. Marc Grivel, pour le groupe Synergies : « Mode de gouvernance, doctrinaire qui n’autorise pas le dialogue » ; « Si votre porte est ouverte, Monsieur le président, sortez de votre bureau pour aller voir les maires et les habitants qui ne vous connaissent pas ! » David Kimelfeld, son prédécesseur : « Cette crise est la conséquence de votre difficulté à prendre de la hauteur, à agir en président métropolitain. » Philippe Cochet, chef de file de la droite : « Vous parlez de démocratie, mais vous n’aimez pas l’opposition. Vous vous enfermez dans le mutisme. »

Les échanges se sont (encore) envenimés après la prise de parole de Benjamin Badouard. À rebours de Bruno Bernard, le co-président du groupe des écologistes s’est payé les frondeurs (« communication bassement polémique » ; « concours de mauvaise foi ») : « Vous avez un petit problème avec le respect de la démocratie. » « Attitude insupportable ! », lui a rétorqué un Philippe Cochet offusqué, en le traitant de « commissaire politique d’EELV ». Ambiance.

Une fois digérés les propos liminaires de Bruno Bernard, les opposants ont depuis changé de ton. « Les maires emportent une première victoire », se sont enorgueillis Philippe Cochet et Marc Grivel dans un communiqué commun. Les deux annoncent vouloir renégocier la programmation pluriannuelle d’investissement (PPI), la feuille de route des projets qui seront financés pendant le mandat. C’est ce qui s’appelle pousser son avantage.

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