Les agents de sécurité du Conseil régional se sont précipités vers les militants de l'Action française, pour arrêter leur intrusion dans hémicycle. / © Vidéo Région Occitanie

Un groupe d’extrême droite s’introduit au conseil régional d’Occitanie

Huit militants de l' Action Française , un groupuscule nationaliste et royaliste d'extrême droite, ont tenté de s'introduire dans l’hémicycle du conseil régional d'Occitanie où les élus étaient réunis en assemblée plénière.  

« Ils ont essayé de défoncer la porte d'entrée en scandant "Action française, Action française". Le service de sécurité a réagi tout de suite pour fermer les portes et rechercher les intrus dans les couloirs », raconte l'élu écologiste Gérard Onesta, encore sous le choc. « Cela a duré 20 secondes, mais j'ai pensé à la tuerie de Nanterre », témoigne-t-il. Le 27 mars 2002, un forcené avait tué huit conseillers municipaux dans cette commune des Hauts-de-Seine. 

 

Deux membres de l'Action française ont été interpellés alors que six autres sont parvenus à fuir dans les bâtiments de l'hôtel de Région. Une banderole portant le slogan "Islamo-gauchistes traîtres à la France" a été abandonnée sur place.

Selon le service de presse de la Région Occitanie, aucun agent ou élu régional n'a été blessé durant cet incident qui a duré quelques minutes. « Je condamne fermement cette action violente de la part de ces militants d'extrême droite. Les séances du Conseil régional sont un temps démocratique important qui engage la collectivité pour soutenir les habitants et les territoires. La violence et les agressions n'y ont pas leur place. Je vais porter plainte pour que cela ne se renouvelle plus. Face à l'extrême droite, je le répète : je ne lâcherai rien et ne cèderai à aucune pression, d'où qu'elle vienne », a déclaré Carole Delga, la présidente socialiste de la Région Occitanie, par ailleurs candidate à sa réélection.

Même condamnation du côté du Mouvement radical de Haute-Garonne (centre droit). « Je condamne fermement cette attaque. La République doit faire bloc face aux extrêmes », a déclaré sur Twitter, le conseiller régional Jean-Jacques Bolzan.

L'élue LFI Myriam Martin s'en est pris, quant à elle, au gouvernement. « Merci à #Macron, #Darmanin et consort d avoir mis une cible sur nos poitrine. Les élu-e-s FI que nous sommes étaient visés », a réagi la conseillère régionale d'opposition, sur Twitter.

Conseiller régional et candidat à la présidence, Vincent Terrail-Noves (centre droit) « condamne fermement la tentative d’intrusion cet après-midi au sein de l’institution régionale. Elle porte atteinte à la démocratie. Les institutions de la République - ici le conseil régional - doivent être respectées ».

À 19h, l'eurodéputé RN Jean-Paul Garraud, candidat aux régionales, s'est finalement exprimé sur l'évènement, lui aussi sur Twitter : « Je m'associe bien évidemment à la condamnation en séance de @jsanchez_rn et à celle de @louis_aliot de cette tentative d'intrusion. L'islamisme doit être combattu dans les urnes ; perturber le fonctionnement démocratique n'apportera que de la confusion ».

Une complicité interne ?

À ce stade, un mystère demeure : comment ces militants ont-ils pu s'introduire jusqu'à l’hémicycle au nez et à la barbe des services de sécurité, alors que visiteurs, élus et employés doivent montrer patte blanche à l'entrée du bâtiment. Encore en plénière, la présidente Delga a donné un début d'explications à ses collègues.

Selon l'élue, les militants seraient entrés sans effraction dans l'enceinte, bénéficiant donc « d'une complicité interne ». L'accès se serait fait pas les sous-sols du bâtiment, « en utilisant sans doute un pass d'une personne accréditée ». Selon Carole Delga, « les agresseurs avaient sûrement un plan détaillé du bâtiment car il est impossible sans cela de cheminer des sous-sols à la zone hémicycle sans passer devant un poste de sécurité ». Une autre possibilité à l'étude serait qu'ils aient été guidés par un tiers. Une vidéo de surveillance serait en cours d'étude par la police qui a par ailleurs arrêté deux militants. Les six autres intrus ont pris la fuite et quitté l'hôtel de Région.

D'après le cabinet de Carole Delga, l'étude des caméras de surveillance a permis de repérer « un comportement inhabituel » lorsque deux voitures sont entrées « cul-à-cul » dans le parking souterrain, en ne badgeant qu'une seule fois. Les plaques d'immatriculation des deux véhicules ont été transmis à la police. L'enquête en flagrance est en cours sous l'autorité du procureur de la République de Toulouse.

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