Jean-Luc Moudenc (à droite), lors de la présentation du plan de lutte municipale contre la radicalisation dans le sport. / Dorian Cabrol

Radicalisation dans le sport : la mairie dans le flou

La radicalisation religieuse dans le sport, un risque croissant à Toulouse ? « Le phénomène se développe dans le sport », estime Jean-Luc Moudenc. Lors de la présentation du plan de lutte municipal, le 22 juin dernier, le maire LR de Toulouse n'a cependant pas pu chiffrer l'ampleur du problème. À ses côtés, Laurent Rogier, le directeur du service des sports, s’est fait à peine plus précis. « Entre quatre et huit clubs sont surveillés. Les signalements que l’on a se comptent sur les doigts d’une main, reconnaît-il. Ce n’est pas toujours avéré, mais il y a 10 ans, il y a eu des choses alarmantes. »

À l’entendre, la situation serait donc plutôt en phase d’amélioration, sauf à considérer que la radicalisation échappe totalement aux radars des pouvoirs publics. « L’alerte est nationale, donc on se met déjà en éveil. Il faut traiter le problème tout de suite avant que cela ne soit répandu », insiste Jean-Luc Moudenc. Impossible d’en savoir davantage au niveau local. Contactée, la Préfecture de Haute-Garonne n’a pas donné suite à nos demandes.

La municipalité espère tout de même contribuer à endiguer le phénomène non mesuré en accordant une subvention de 10 000 euros à deux associations pour financer des actions de sensibilisation. Les deux heureuses élues sont Sport Incub, une association qui accompagne les sportifs professionnels dans leur carrière et le Collectif des Sportives qui fait le même travail dans le sport féminin. Par ailleurs, la mairie va rendre obligatoires la signature et la promotion d’une charte de respect des valeurs de la République par les clubs subventionnés.

Si le gouvernement met l’accent sur cette problématique, notamment depuis l’assassinat du professeur Samuel Paty, le phénomène ne semble pas mieux appréhendé au niveau national. Selon une enquête de France Info, « un peu moins de 1000 parmi les 13 000 inscrits sur le FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste)» aurait une pratique sportive identifiée. « 1 000 sur 30 millions de licenciés tous sports confondus, la part est infime », remarquait nos confrères, ajoutant que les politiques pour l'instant mises en place confondent parfois la radicalisation avec l’intensification de la religiosité, et peuvent aboutir à des situations de stigmatisation.

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