80 enseignants et personnel du lycée Saint-Exupéry de Blagnac ont exercé leur droit de retrait. / DR

Situation délétère au lycée Saint-Exupéry de Blagnac

Une majorité des enseignants et personnels du lycée Saint-Exupéry de Blagnac (80 sur 140) a exercé ce lundi 4 octobre son droit de retrait. Cette décision fait suite à la réception vendredi 1er octobre d'une lettre anonyme dénonçant les conditions de travail dans cet établissement public polyvalent spécialisé dans les métiers de la productique et de la maintenance aéronautique. « Un collègue a envoyé à la direction une lettre violente qui traduit son épuisement et son sentiment d'avoir perdu tout sens dans ce qu'il fait. Il évoque la possibilité de commettre un acte désespéré au sein du lycée », précisent les enseignants dans un communiqué de presse envoyé à Mediacités. Le ton véhément du courrier traduit à l'évidence des tourments importants, causés par un environnement professionnel dégradé. Notre inquiétude est trop grande pour simplement retourner en cours comme si de rien n'était. »

La dégradation de l'environnement professionnel serait due à la nomination d'un nouveau chef d'établissement en septembre 2019. « Notre lycée fonctionnait bien jusque là. À partir de là, les arrêts de travail ont augmenté et les demandes de mutation aussi. Il y en a eu 30 l'année dernière », précise une professeure à condition de rester anonyme par crainte de représailles. « La direction est devenue autoritaire. Il y a des problèmes de communication et de l'acharnement contre certains membres du personnel, complète Abdallah Amghar, professeur et délégué syndical à la CGT Educ'Action 31. L'expertise de certains de nos collègues est déniée par le proviseur, notamment dans le domaine de l'aéronautique. Son mode de fonctionnement génère tension et arrêts maladie. »

« Nous demandons le départ du chef d'établissement »

La problématique n'est pas nouvelle, puisque le personnel a déjà alerté le rectorat l'an dernier. En juin, un courrier signé par 80 personnes a été adressé à l'académie. Une réunion a même été organisée en août dernier en présence des enseignants, du directeur des services départementaux de l'éducation et de la direction du lycée. « Jusque là, on a tout fait dans les règles en passant par la voie interne comme de bons fonctionnaires. Cela n'a rien donné », déplore la première enseignante.

La mobilisation du personnel semble cette fois avoir été entendue puisque le directeur des services départementaux de l'éducation (Dasen) s'est rendu sur place ce lundi matin. « Face à une salle des profs pleine à craquer, il a pris conscience du climat de malveillance à l’œuvre dans le lycée. Un conseiller technique va être envoyé pour renouer le dialogue », note cette porte-parole des professeurs. « Le Dasen s'est engagé à ouvrir une enquête administrative. C'est un premier pas, mais ce n'est pas suffisant. Nous considérons que les conditions de sécurité ne sont toujours réunies, notamment vis-à-vis de notre collègue en souffrance. Nous demandons le départ du chef d'établissement, car il n'a plus de crédit. »

Certains enseignants devraient à nouveau faire valoir leur droit de retrait mardi 5 octobre, à l'occasion de cette journée de grève dans les services publics.

Contactés, ni la direction du lycée ni le rectorat n'ont pu se rendre disponibles pour réagir à la situation.

Mise à jour du 5 octobre Après une réunion avec l'administration ce mardi matin, les enseignants estiment que les conditions de la reprise ne sont pas réunies et maintiennent leur droit de retrait « jusqu’à nouvel ordre en l’absence d’avancées significatives sur le fond des problèmes soulevés par la lettre anonyme reçue ce vendredi 1er octobre ». Une cellule d'écoute va être mise en place, mais le lancement d'une enquête administrative n'est pas confirmée. « Nous considérons que les causes du malaise général ont été esquivées. La manière dont s’est déroulée la réunion a généré un mal-être profond chez certains collègues présents et déjà en situation de vulnérabilité », précisent-ils.

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Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.

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