Un incident à l'incinérateur de Toulouse cause des baisses de chauffage dans des logements. / Crédit photo Google Earth

L’incident à l’incinérateur de Toulouse perturbe les réseaux de chaleur

Alors que la vague de froid incite les Toulousains à se pelotonner contre leurs radiateurs, une partie d'entre eux vont devoir enfiler plusieurs chandails pour ne pas frissonner. Certains logements reliés au réseau de chaleur de la commune vont en effet connaître de « possibles baisses de chauffage et d'eau chaude », selon Toulouse Métropole Habitat (TMH), qui a prévenu les résidents de ces logements sociaux par SMS dans la journée. Une baisse du chauffage que Mediacités a pu constater dans certains logements de la commune.

Le problème dépasse TMH. Il est causé par l'incident en cours depuis ce lundi à l'incinérateur de Toulouse, où un silo contenant 130 tonnes de cendres de déchets menace de s’affaisser. Depuis lors, l'activité de l'usine d'incinération d'ordures, propriété du syndicat mixte Decoset et gérée par Veolia, est réduite de moitié selon l'exploitant. Et la production de chaleur s'en ressent.

Deux réseaux de chaleur dépendent de l'activité de l'incinérateur : celui de Toulouse Energie Durable (135 bâtiments et 15 000 équivalents logements) et celui d'Eneriance (groupe Coriance) qui revendique 20 700 équivalents logements, dont plusieurs résidences de TMH. D'après un communiqué publié par le bailleur social, 4 841 logements serait concernés par des problèmes de chauffage, dont 2 793 pour l'eau chaude. De son côté, Coriance estime que 13 000 équivalents logements seraient perturbés par l'incident. « L'impact est faible. C'est indolore pour la plupart des abonnés, assure Sylvain Vives, chef d'agence Coriance Sud-Ouest. Certains usagers, situés en bout de réseau, peuvent ressentir des perturbations. Nous essayons d'équilibrer tout cela. » Tombée à 135°C au lieu de 160, l'eau chaude du réseau serait remontée à 150°C en fin de journée. Après le pic de froid à -3°C dans la nuit de lundi à mardi, le redoux prévu dans la semaine devrait réduire les désagréments.

Même optimisme du côté de Véolia qui gère l'incinérateur. « Je ne suis pas très inquiet si on reste sur les températures prévues cette semaine », assure Alain Dumonthier, le directeur de l'incinérateur. Aucune coupure de chaleur ne serait à déplorer sur le réseau de chaleur historique du Mirail et sur le CHU, opéré par Eneriance, car ce dernier dispose d'une priorité d'approvisionnement. L'autre réseau de chaleur aurait été prié de mettre en service son propre moyen de fabrication de chaleur, prévu « en cas de baisse de charge ou d'indisponibilité de l'usine ».

Combien de temps dureront ces perturbations ? Difficile à savoir. Si les premières mesures de stabilisation du silo endommagé fonctionnent, l'incinérateur pourrait reprendre une activité normale dans les prochains jours. Dans le cas contraire, la production de chaleur restera en deçà des normales de saison.

Avatar de Gael Cérez
Nourrit sa curiosité en tant que journaliste depuis l'an deux mille quatorze. S'intéresse aux innombrables facettes de notre société. Rédacteur en chef de Mediacités à Toulouse depuis octobre 2019.

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