Faute de solution d'hébergement, 39 personnes, dont 23 enfants, occupent une partie d'un gymnase, à Toulouse. / Crédit photo Emmanuel Riondé

Hébergement d’urgence, la Préfecture de Haute Garonne ne répond pas

Avec le retour des grands froids et la saturation du 115 (le numéro d'appel pour les personne en quête d'hébergement), des centaines de personnes sans-abris se retrouvent sans solution de logement pour dormir le soir à Toulouse.

La première feuille de ce triste marronnier hivernal est tombée en fin de semaine dernière, avec l’occupation du gymnase Saint-Sernin par 39 personnes à la rue, dont une femme enceinte et 23 enfants. Depuis vendredi soir, ces familles albanaise, géorgienne, algérienne et somalienne ont installé leurs matelas et posé leurs sacs de fortune au cœur de la ville, au premier étage de ce vaste bâtiment jouxtant le lycée et la basilique.

Âgés d'environ 3 à 17 ans, les enfants sont scolarisés dans divers établissements de la commune. Ce lundi matin, à l'exception des élèves de l'école Didier Daurat, en grève, toutes et tous étaient en cours. Un retour à la « normale » après une fin de semaine mouvementée. « Ce sont des gens qui sont en situation précaire, sans logement et même sans hébergement depuis longtemps, certains à la rue, d'autres dans des voitures. Ils avaient zéro solution. Vendredi soir, ils se sont installés là. Nous, on fait du soutien logistique », explique Roland, un militant du DAL 31. L'association soutient les 39 personnes, comme RESF, la FCPE, Utopia 56, la LDH, le Cercle des voisins et la CGT educ'action.

La plupart de ces organisations avaient appelé à un rassemblement devant la préfecture vendredi soir, pour demander à l’État, dont c'est une prérogative, l'ouverture d'hébergements à Toulouse. Quelques heures plus tard, les familles s'installaient au gymnase pour échapper au froid. « Le DAL n'a pas fourni aux services de l’État les éléments indispensables à l’identification des personnes et à l'examen de leur situation administrative et individuelle, chaque situation étant différente d'une personne à l’autre », explique la préfecture à Mediacités.

Une rhétorique purement administrative à laquelle les associations opposent l'article L345-2-2 du Code de l'action sociale et des familles qui stipule que « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. » Et ce quelque soit sa situation administrative. « Mais même quand les familles font des recours en justice, comme des référés libertés hébergement, l’État préfère payer des astreintes qu'exécuter les décisions du tribunal administratif... », déplore Louise Chamagne, juriste salariée du DAL 31. Les familles du gymnase appellent le 115 tous les jours. Mais « 92 % des appels ne sont pas pris et sur les 8 % d’appels traités, les demandes restent sans solutions d’hébergement, faute de places », précise-t-elle.

La police est venue constater l'occupation dès vendredi soir, et les renseignements territoriaux sont en contact avec les associations. La mairie, à qui appartient le gymnase, a missionné un vigile à l’entrée du bâtiment. Samedi et dimanche, de nombreux visiteurs et soutiens sont venus exprimer leur solidarité concrète en apportant de la nourriture et des vêtements aux familles. Provisoirement à l'abri, celles-ci attendent maintenant une solution plus pérenne. « Je demande juste un hébergement, c'est la première chose pour les enfants », résumait lundi matin Yamna, mère de trois enfants avec qui elle a vécu « dans tous les coins de Toulouse » depuis trois mois.

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