Dans les quartiers périphériques de Toulouse, les ordures s'entassent faute de passage régulier des éboueurs. / Crédit photo Gael Cérez

La grève des éboueurs va continuer à Toulouse Métropole

Les poubelles de nombreux habitants de la métropole toulousaine risquent de s’amonceler encore un peu plus dans les jours à venir. Après plus de deux heures de discussions ce mercredi 5 janvier en début d’après-midi, les négociations entre Toulouse Métropole et les représentants des éboueurs organisés en intersyndicale (FO, CGT, FA-FPT, FSU, Solidaires Sud et Unsa), n’ont, une nouvelle fois, pas abouti.

En grève depuis le 16 décembre dernier pour protester - entre autres - contre la fin du fini-parti - un système qui leur permet de rentrer chez eux une fois le travail terminé - , les éboueurs ont finalement tiré un trait sur cet acquis social. Ils demandent maintenant des contreparties et la prise en compte de la pénibilité de leur travail.

« Ils nous ont proposé neuf jours de sujétion (compensation de la pénibilité, NDLR) et non 11 comme M. Terrail-Novès a pu le dire dans la presse (à nos confrères de France Bleu Occitanie NDLR). Nous, nous sommes toujours à 34, ce qui correspond à une pénibilité de 15 % et à 240 heures, soit environ 1 h de travail en moins environ par jour », explique Benoît Fontanilles, secrétaire général du syndicat autonome et porte-parole de l'intersyndicale. Ces 34 jours de compensation correspondent à ce que les éboueurs de Marseille ont obtenu en échange de la fin du fini-parti.

index2
Les éboueurs grévistes ont bloqué plusieurs dépôts le 6 janvier au matin. / Crédit photo intersyndicale

Faute d'accord, le conflit risque de se durcir un peu plus alors que la grève est déjà très suivie. L’intersyndicale évoquait ses derniers jours le chiffre de 90 % de grévistes tandis que Vincent Terrail-Novès, vice-président de Toulouse métropole en charge de la propreté et des déchets, avançait quant à lui le chiffre de 50 %. De quoi, selon Toulouse Métropole « organiser et adapter la collecte des ordures en fonction des agents non grévistes ».

Quoi qu'il en soit, les grévistes ont d'ores et déjà monté d'un cran leur mobilisation. Le 6 janvier au matin, les dépôts de Monlong et du Raisin ont été bloqués, empêchant la sortie de 29 camions dans l'un et 17 dans l'autre.

Selon l'intersyndicale, seuls cinq camions seraient partis du dépôt de L'Union. L'intersyndicale va envoyer un courrier à Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole pour négocier directement avec lui.

Ce qu'en dit l'opposition métropolitaine

Pour le groupe Alternative pour une Métropole Citoyenne (AMC), les revendications des éboueurs sont légitimes. « Les éboueurs ont renoncé au fini parti qui leur avait été accordée par la Ville de Toulouse en l'échange de concessions de leur part. Ils demandent à ce que l'application de la loi des 1607 heures annuelles de travail se fasse dans des conditions respectueuses de la pénibilité de leur métier, écrivent les élus de ce groupe dans un communiqué du 31 décembre. Leur demande de prise en compte de la pénibilité de leur travail est légitime et légale. Courir derrière un camion, dans le froid et la nuit, pousser et soulever des charges de manière répétée, n'est-ce pas cela la pénibilité ? »

« En imposant la fin du fini parti, l'exécutif leur demande de travailler l'équivalent de plus de 50 jours supplémentaires par an, et ce, sans aucune revalorisation salariale. En échange, ce même exécutif ne leur propose que l'équivalent de 2 jours de congés annuels pour pénibilité. La Police Municipale de Toulouse a, par exemple, obtenu pour sa part 11 jours de congés pour une pénibilité réelle. Le métier d'éboueur serait-il moins pénible ? », concluent les élus du groupe AMC. 

Article mis à jour le 6/01/2022 à 11h07

Précédemment dans l'Oeil

La cour d’appel de Toulouse manque toujours de personnel

Pour le premier président et le procureur général de la cour d'appel de Toulouse, les effectifs de magistrats et de fonctionnaires ne sont pas à la hauteur des besoins.

Le trafic aérien : trou noir du rapport Lagleize-Pinel sur l’avenir de l’aéronautique

Les députés Lagleize et Pinel estiment que l’aéronautique pourra réduire son impact carbone sans passer par une baisse du trafic.