Le YelloPark ne répond plus. Sur le site internet du projet, les pages qui jusqu'alors présentaient documents, argumentaires et perspectives d'architectes ont disparu. N'y figure plus aujourd'hui qu'un simple communiqué, prenant acte de la décision politique intervenue vendredi dernier. Si volubile ces derniers mois, le compte Twitter, reste lui aussi muet depuis ce soir là. Le YelloPark ne répond plus. Ce projet urbain qui devait donner un « nouveau coeur » à La Beaujoire en y faisant sortir de terre un quartier de 1 500 logements autour d'un nouveau stade a disparu du paysage nantais comme il y était entré un beau matin de septembre 2017 : à la surprise générale et lors d'une conférence de presse.

Vendredi 9 novembre, Johanna Rolland actait devant les journalistes une décision prise un peu plus tôt dans la semaine. « Les conditions de réalisation du projet tel qu'il était initialement pensé ne sont pas réunies », explique la maire de Nantes. Avant d'annoncer solennellement l'abandon du projet urbain, la construction d'un stade neuf, la conservation de celui de La Beaujoire et l'abandon même du nom YelloPark.

L'épilogue surprise d'un dossier qui a animé le débat public nantais durant 18 mois, donné lieu à deux concertations passionnées et à des échanges plutôt vifs sur les réseaux sociaux ? Pas tout à fait. Projet urbain ou non, toutes les questions soulevées à cette occasion sont loin d'avoir trouvé une réponse. Et de nouvelles interrogations ont même émergé. Revue de détail.

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Waldemar Kita, est-il le grand gagnant de l’opération ?

Incontestablement, oui. Considéré à l’origine comme le maillon faible du trio formé avec Yoann Joubert (PDG de Réalités) et Johanna Rolland (présidente PS de Nantes Métropole), le président-propriétaire du FC Nantes voit sa position confortée et sa persévérance récompensée. Depuis l’été 2007, il réclame, en coulisses comme sous les projecteurs, la construction d’une « Beaujoire 2 » de 55 000 places à Nantes. Selon une source métropolitaine, Waldemar Kita a « rencontré cinq fois Johanna Rolland pour lui proposer trois projets », depuis le début de son mandat, en 2014. Stade adossé à un centre commercial, partenariat public-privé, capacité abaissée à 40 000 places… Confronté à la volonté de la maire de Nantes de « ne pas dépenser un centime d'argent public pour le foot-business », l’homme d’affaires franco-polonais a tout essayé, avant qu'elle ne finisse par donner son aval au YelloPark. Seule chose sur laquelle il n’a jamais transigé : son refus catégorique de se contenter d’une simple rénovation de La Beaujoire. Avec la décision de construire une seconde enceinte à côté de l’antre historique des Canaris, il triomphe.

Et il triomphe seul. « [Waldemar Kita] est un super-manipulateur qui arrive à exploiter les gens d’une manière formidable », confiait il y a quelques temps à Mediacités l’un de ses anciens associés, Robert Milej. Le dossier YelloPark en est une nouvelle illustration. Après s’être servi de Réalités et de son projet urbain comme d’un pied de biche pour forcer la porte d’une municipalité réticente, le voilà seul aux manettes pour construire ce stade dont il a toujours rêvé. D’autant plus impressionnant que le patron du FC Nantes s’est publiquement ménagé depuis douze mois, faisant travailler dans l’ombre trois personnes à plein temps au club, deux cabinets d’architecture, une quinzaine de bureaux d’études en sous-traitance et quelques lobbyistes affûtés, tel l'avocat et ancien secrétaire d'État aux Sports, Thierry Braillard. Pendant que les équipes de Réalités, Yoann Joubert en tête, s'engluaient dans des polémiques interminables sur les réseaux sociaux, le club organisait une habile campagne publicitaire dans les journaux locaux sur le thème "Pour un nouveau stade à La Beaujoire". Sans mention du mot YelloPark. Prémonitoire…

Restent néanmoins quelques questions. Celle du financement d’un projet annoncé à 200 millions d’euros, mais dont les coûts pourraient être bien supérieurs vu les délais impartis. Celle de la latitude que lui laissera Johanna Rolland dans ce dossier devenu éminemment politique et pour lequel elle a posé quelques conditions (sur le prix des billets notamment). Celle, enfin, des éventuelles compensations que pourraient réclamer Réalités et son PDG, Yoann Joubert. Même si ce dernier semble pour le moment avoir décidé de la jouer fair-play, voudra-t-il des compensations ? Et vers qui se retournerait-il dans ce cas : Waldemar Kita ou… Nantes Métropole ?

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Nantes n’avait-elle pas plus besoin de 1500 logements que d’un second stade ?

« Il est vraiment utile pour Nantes d’avoir un nouveau stade. Sinon, dans 5 ou 10 ans, on me le reprochera », ne cesse de répéter Johanna Rolland depuis l’ouverture du dossier YelloPark, en septembre dernier. Un leitmotiv qui, jusqu’à présent, n’avait pas convaincu les opposants au projet, jusque dans sa propre majorité. « Je suis en totale contradiction avec ce propos, rétorque ainsi Julie Laernoes, vice-présidente (EELV) chargé de la Transition énergétique et du Développement durable. Qu’on nous démontre par des études sérieuses le fait que la métropole a besoin d’un nouveau stade. Dans 5 ou 10 ans, ce dont on aura besoin, ce seront surtout des logements.  »

De fait, Nantes Métropole (610 000 habitants) voit sa population augmenter deux fois plus vite aujourd’hui qu’au début des années 2000 : 1,0 % de croissance par an entre 2008 et 2013, contre 0,5 % les sept années précédentes, selon l’Agence d'Urbanisme de la Région Nantaise (Auran). A ce rythme, elle devrait compter environ 70 000 habitants supplémentaires en 2030. Soit 5 800 habitants de plus par an… L’agglomération nantaise fait partie des 28 zones tendues définies par la loi Alur, soit ces secteurs « où il existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements, entraînant des difficultés sérieuses d’accès au logement ».

Approuvé en juin dernier, le nouveau Plan local de l’Habitat (PLH) 2019-2025 ne dit pas autre chose : « Le maintien d’un effort de production est essentiel pour accompagner la dynamique du territoire et préserver l’accès au logement et la mobilité résidentielle de tous les ménages », y est-il écrit. Or à l’image de Bertrand Mours, président de l’Observatoire du Logement de la Métropole Atlantique (Oloma), les spécialistes font part d’une « tension entre l’offre et la demande et un ralentissement des ventes », sur Nantes Métropole.                       

Comme dans le précédent PLH, la nouvelle mouture fixe l’objectif ambitieux de construire 6 000 logements par an (dont 3 000 sur Nantes), parmi lesquels 2 000 logements sociaux (800 à 1000 sur Nantes), 500 logements locatifs abordables (PLS) et 700 à 800 en accession abordable à la propriété. Ceux du YelloPark manqueront-ils à l’appel ? Lors de la conférence de presse du 9 novembre, Alain Robert, vice-président chargé des Grands projets urbains, a tenté de rassurer : « Le PLH (2019-2025, ndlr) n’a jamais intégré YelloPark parmi l’ensemble de ses projets ». Vérification faite, si. L’OAP (Orientation d’aménagement et de programmation) "Stade de la Beaujoire (Yello Park)" figure bien parmi « les opérations pouvant alimenter les objectifs de la commune ». Nantes, en l’occurrence, où les 1 500 logements – dont 375 sociaux – sont bien inscrits dans la colonne de ceux programmés sur la période.

« Le programme YelloPark avait effectivement été ajouté aux prévisions du PLH », rectifie Pascal Pras, vice-président chargé de l'Urbanisme, l'habitat et du foncier. Le fait qu'il ne se réalise pas ne représente pas une difficulté à l'échelle de production nantaise. D'autant plus que le projet Beaujoire-Halvêque-Ranzay et ses 2 383 logements va, lui, bien se poursuivre. Nous raisonnons à l’échelle de la métropole. » Certes. Reste que dans ce contexte, on aurait pu s’attendre à ce que le volet urbain du projet Yellopark et ses logements perdurent, plutôt que le nouveau stade. Le choix inverse a donc été fait.

Capt-PLH
Extrait du Programme local de l'habitat de nantes Métropole (2019-2025)

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Un nouveau projet, mais à quelle échéance ?

« Oui, c’est un nouveau dossier mais le calendrier du stade n’est pas bouleversé », nous confirme un proche - côté club - du dossier. Après des premiers coups de pioche courant 2019, la livraison demeure envisagée à l’été 2022, soit deux ans avant l’ouverture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Un objectif qui figure plus que jamais au cœur du dossier, puisque les porteurs du projet comptent bien s’appuyer sur les latitudes urbanistiques et administratives rendues possibles par la loi olympique pour sécuriser la réalisation de l’équipement.

Le 7 décembre prochain, les élus métropolitains vont se prononcer sur le principe de céder neuf hectares de terrain, destinée à accueillir le nouveau stade. « Et ce, sans connaître ni le prix, ni l’acheteur », s’emporte à nouveau Julie Laernoes, très remontée. Un second vote interviendra en février 2019, lorsque la Direction Nationale d’Interventions Domaniales (DNID) aura fixé le prix de la parcelle. Pourquoi ne pas attendre celui-ci avant de voter ? Parce que Waldemar Kita est pressé. Il doit non seulement rester dans les clous fixés par le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques (Cojo), qui devrait communiquer la liste officielle des stades accueillant le tournoi de football « courant 2019 ». Mais aussi avancer au plus vite sur son dossier de dépôt de permis de construire, nous explique-t-on en coulisses.

Encore une fois, le projet avance sans que toutes les zones d’ombres soient éclaircies. Celle du stationnement au pied des futurs enceintes, par exemple. Lors de sa conférence de presse, Johanna Rolland a évoqué - pour le projet Kita - « la réalisation d’un parking souterrain ». Un point qui n’est pas, à ce jour, confirmé par le club. Pas plus que le financement d’une telle infrastructure, potentiellement très onéreuse. Selon un spécialiste, le coût d’une place de stationnement en souterrain s’élève entre 20 000 et 25 000 euros…

Quant à la question de savoir si ce nouveau dossier impose une nouvelle concertation, une simple observation des réseaux sociaux suffit à mesurer le flou ambiant… « Je ne vois pas ce qui conduirait à la saisir à nouveau », a balayé hier, Pascal Bolo. Et ce, après deux tweets publiés la veille, depuis le compte officiel de Nantes Métropole annonçant une... nouvelle concertation préalable. La Commission nationale du débat public (CNDP) se retrouve dans une position inconfortable… « Tant qu’il n’y a pas de délibération de Nantes Métropole sur des éléments précis, la CNDP ne peut rien faire. Donc, pour l’instant, la post-concertation sur le YelloPark continue… », répond-elle à Mediacités. Une “post-concertation” sur un projet qui ne porte plus ce nom et qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était au départ ? Ubuesque...

 

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Comment le nouveau stade sera-t-il financé ?

Là encore, c'est le grand flou. Dans la version initiale du projet YelloPark, les interrogations se concentraient sur l’apport du groupe Réalités : 100 puis 50 millions d’euros, dégagés grâce à la commercialisation de 2 000 puis 1 500 nouveaux logements érigés dans le quartier adjacent. Le projet urbain abandonné, cette garantie tombe et la totalité de l’apport financier d’un projet censé être « 100 % privé » incombe désormais à Waldemar Kita. Certes ses affaires sont florissantes. Mais en a-t-il les moyens ?

Il y a peu, Pascal Bolo assurait à Mediacités que oui. Il a « les épaules et les moyens d’aller chercher l’argent qu’il n’a pas pour un projet de cette envergure », confiait le premier adjoint (PS) à la maire de Nantes. Vendredi dernier, lors de sa conférence de presse, cette dernière enfonçait le clou : « Les garanties financières et notamment bancaires qui ont été présentées [à la Ville] sont particulièrement conséquentes », affirmait Johanna Rolland, sans donner plus de détails. Autant d’affirmations qu’il faut donc prendre pour argent comptant, aucun document de financement n’ayant encore été présenté.

A en croire l'équipe municipale, elles reposeraient en partie sur la hausse « de 65 % » des droits télévisés dont bénéficierait le FC Nantes à partir 2020, suite au contrat passé entre la Ligue professionnelle de football (LFP) et la société espagnole Mediapro. Soit, hypothétiquement, 45,4 millions d’euros par an contre 27,5 millions actuellement. Or ce montant n’est fixé qu’à la fin de chaque saison pour la suivante, pour moitié en fonction des résultats sportifs du club et de sa notoriété, l'autre moitié restant fixe. Dans l’entourage très proche de Waldemar Kita, on confie d'ailleurs ne pas compter véritablement dessus, tout en affirmant que « le budget du stade est bouclé ».

Quoi qu’il en soit, ni cette manne éventuelle, ni le trésor de guerre personnel de Waldemar Kita ne suffiront à financer, seuls, le nouveau stade. Telle n’est de toute façon pas la volonté de celui qui récupère progressivement les 41 millions d’euros qu’il a prêté au club via sa holding belge Flava Groupe. Et ne cache pas vouloir, à terme, revendre "un actif" qu’il estime valorisable à « au moins 350 millions d’euros » avec une enceinte neuve (L’Equipe évoque plus prudemment 41 millions d’euros et le site spécialisé TransferMarket 108,8 millions d’euros).

Quid de la société FCN Stadium qui devait porter le volet stade du projet, comme filiale de la société YelloPark, et être reliée au club via la souscription d’un crédit-bail ? Johanna Rolland utilise encore cette dénomination aujourd'hui, plus Waldemar Kita… Quid des partenaires financiers de ce dernier : faut-il regarder vers le Bénélux, l’Asie ou le Moyen-Orient, où il a des liens d'affaires ? Quid du mécanisme complexe de prêts et/ou de dénomination commerciale (le "naming"), sur lequel travaille d’ores et déjà Lagardère Sports and Entertainment ?      

Seule certitude juridique à ce jour, une holding dénommée Flava Immobilière ou Flava Immo existe en Belgique depuis décembre 2016, avec à sa tête Waldemar Kita. Elle dispose, selon nos dernières informations, de 750 000 euros d’actifs. « Vous êtes sur un projet officiellement 100 % privé, même si on peut considérer que c’est du faux privé au vu des coûts annexes pour Nantes Métropole. Waldemar Kita peut donc commencer ses travaux sans avoir bouclé complètement son budget mais en ayant un programme de construction définitif », explique Léonard Dubreuil, directeur associé du bureau d'études spécialisé Sprint Conseil.                 

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Combien la gestion de La Beaujoire coûtera-t-elle à la Métropole ?

« La Beaujoire conservera une dimension sportive. Il y aura un stade neuf dédié au football professionnel de haut niveau et, à côté, un stade dédié au sport pour tous », a annoncé Johanna Rolland, le 9 novembre. Pour quelles pratiques et avec quels clubs ? La question reste entière. Mais en souhaitant conserver le stade, propriété de la collectivité depuis 1984, à côté de celui qui serait livré en 2022, Nantes Métropole va surtout hériter de la gestion au jour le jour de l’équipement. « Depuis les années 2000, le FC Nantes exploite complètement La Beaujoire et paye tout l’entretien, dont la pelouse : soit un budget de 2 millions d’euros par an environ », chiffrait Pascal Bolo auprès de Mediacités. Une somme qui inclut une redevance forfaitaire annuelle (ou loyer) d’environ 140 000 euros à régler par le club à la collectivité (sur un total de 182 500 euros, en 2014, pour l’ensemble des équipements, dont la plaine de jeux de la Jonelière). Et qui avait attiré l’attention de la Chambre régionale des comptes il y a quatre ans, dans un rapport sur la Ville de Nantes. En 2012, cette relation propriétaire-locataire avait donné matière à contentieux au moment de la (re)facturation de travaux de rénovation.                       

 

Rapport CRC 2014
Extrait du rapport de la Chambre régionale des Comptes, paru en 2014

De ce côté-ci précisément, la « Métropole a programmé 12,6 millions d’euros de travaux dans le stade et en a déjà réalisé la moitié. Les 6 millions euros restants sont, pour l’instant, suspendus en raison des études liées au projet YelloPark », comme indiqué dans sa contribution officielle à la concertation déposée en mars 2018. « Un budget de travaux avait été planifié. Il se déroulera comme prévu. Pour l’avenir, il faudra voir avec l’usage qui sera décidé », a confirmé Johanna Rolland le 9 novembre. Quelle sera pour le contribuable nantais la facture totale de ce maintien de La Beaujoire ? Au bas mot, 2 millions d'euros par an, plus 6 millions d'euros de travaux supplémentaires. Certainement beaucoup plus au vu des aménagements de stationnement, d’accès et de voirie à effectuer autour des stades.

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Quel coût politique pour Johanna Rolland ?

Il y avait urgence. Depuis son annonce en septembre 2017 et malgré l’organisation de deux concertations, le projet YelloPark cristallisait une opposition de plus en plus résolue, au risque de pourrir la fin du mandat municipal. Une donnée qui n’a évidemment pas échappé à la maire de Nantes. « Il fallait prendre une décision, reconnaissait vendredi l'un de ses proches. Les échéances électorales à venir ne nous permettaient pas d’attendre plus longtemps. »

En annonçant l’abandon du projet YelloPark dans sa forme originelle, Johanna Rolland espère se débarrasser de ce sparadrap devenu trop collant. Une conférence de presse et tout le monde - Yohann Joubert et le groupe Réalités mis à part - était content : les riverains, qui voyaient s’évanouir le projet de construction de 1500 logements en face de chez eux ; Waldemar Kita, qui obtenait enfin l’autorisation de bâtir ce nouveau stade tant espéré ; les amoureux de La Beaujoire, qui n’avaient plus à redouter la destruction de l’enceinte historique...

Vendredi, dans l’entourage de Johanna Rolland, on ne cachait qu’à moitié les intentions sous-jacentes de cette décision surprise : « Cela devrait permettre de scinder en deux les oppositions. Avec l’abandon du projet urbain, il ne restera plus dans le camps des anti que les ultras du FC Nantes. » C’est peut-être aller un peu vite en besogne : un peu moins d’une semaine plus tard, le sparadrap continue d’empoisonner la vie de la maire de Nantes.

Sans surprise, les associations de supporters sont restées droites dans leurs bottes. Favorables à une rénovation du stade de La Beaujoire, l’association A la Nantaise parle d’une « absurdité » et d’une « alternative saugrenue », tandis que la Brigade Loire fustige une décision « qui fait peser encore plus de risques sur le club ». Côté riverains, l’opération déminage ne semble pas avoir totalement réussi. « L’abandon du projet urbain ne change rien à notre niveau », confiait Vincent Leauté, le représentant le collectif « Riverains et amis de La Beaujoire » à Presse-Océan.

Pis !En annonçant que Nantes allait bientôt disposer de deux enceintes de 40 000 places côte à côte, Johanna Rolland prête le flanc à de nouvelles critiques. Celles de tous ceux - et ils sont nombreux - que l’idée de voir cohabiter deux grands équipements sportifs laisse - au mieux - perplexes. Parmi eux, l’opposition municipale, qui a beau jeu de crier à « l’amateurisme » ; certains membres de la majorité, comme Julie Laernoes ; mais aussi d’anciens défenseurs du projet initial, comme François de Rugy. « Je ne comprends pas, s’étonne le ministre (LREM) de la transition écologique. L’intérêt de Yellopark, c’était le projet urbain. Et là, on l’abandonne pour rester avec un stade qui ne servira pratiquement jamais et dont l’entretien sera à la charge de la ville. »

Bref, la décision qui devait « apaiser les oppositions et les inquiétudes » semble avoir réussi à semer un peu plus de trouble. En témoigne l’atmosphère qui régnait lundi dernier lors du bureau municipal, l’instance qui réunit l’édile et ses adjoints. Trois jours après la fameuse conférence de presse, le dossier YelloPark figurait légitimement à l’ordre du jour. Pourtant, contre toute attente, « il n’a pas été évoqué par qui que ce soit », nous confirme l’élue (EELV) Julie Laernoes, qui regrette « l’absence de débat démocratique autour de ce dossier ». Alors que le conseil communautaire devra encore se prononcer deux fois sur le projet, Johanna Rolland n’en a pas fini avec le déminage.