« Je pars travailler avec la peur au ventre tous les soirs. C’est de pire en pire ». C’est ainsi que Pamela* (le prénom a été changé), 45 ans, qui se prostitue depuis 23 ans à Toulouse, décrit son quotidien. En cause selon elle : « des clients plus agressifs, la loi, les arrêtés anti-prostitution... ». Bien que la prostitution soit une activité légale, ses conditions d’exercice sont de plus en plus compliquées à Toulouse.

Depuis 2014, la mairie a en effet décidé de s’attaquer à la prostitution de rue dans certains quartiers. A Toulouse, elle est en grande majorité le fait de femmes migrantes, venues par exemple du Nigeria ou des pays de l’Est. Depuis six ans, la Ville modifie et étend des arrêtés afin de lutter contre la « concentration » et les « troubles » induits par cette activité sur la voie publique. D’abord couvrant les quartiers des Ponts-Jumeaux et Belfort, il s’est ensuite étendu aux Minimes, l’avenue des États-Unis et dernièrement, en octobre 2019, jusqu’à Fondeyre et Lalande. Toute personne exerçant dans ces périmètres s’expose à une amende de 38 euros.

Entre-temps, est venue s’ajouter la loi du 13 avril 2016 « visant à lutter contre le système prostitutionnel ». La logique change. Les personnes en situation de prostitution sont désormais considérées comme des victimes. Le racolage n’est plus un délit. Les clients risquent en revanche d’être verbalisés.

A Toulouse, les personnes se prostituant restent néanmoins les plus visées par des amendes. En 2019, 2138 procès-verbaux liés à des « troubles prostitution » ont été dressés, contre 47 infractions à l’encontre de clients. Pour Olivier Arsac, l’adjoint au maire en charge de la sécurité, il n’y a pas lieu de remettre en cause les arrêtés. La pénalisation des clients « n’est pas appliquée à Toulouse, à part . . .

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