C’est un changement de ton notoire. Le 3 avril dernier, au lendemain d’incidents entre police et jeunes survenus dans le quartier de la Reynerie, le maire de Toulouse Jean‐Luc Moudenc avait indiqué avoir demandé à la police « de s’investir davantage sur ces questions‐là, d’accentuer ses efforts sur certains quartiers ». Et d’assurer qu’il allait « poser la question au préfet de l’opportunité de prendre un arrêté de couvre‐feu ».

Ce vendredi 24 avril, il a ouvert sa visioconférence de presse désormais hebdomadaire en évoquant longuement les quartiers prioritaires de la ville (QPV, la ville en compte 12 où vivent autour de 60 000 habitants) et en détaillant les mesures de solidarité prises par la municipalité. Interrogé par Mediapart sur la question de savoir si l’option couvre‐feu était toujours sur la table, il a botté en touche, renvoyant au préfet la responsabilité d’une telle mesure. Qui ne semble plus à l’ordre du jour.

Les émeutes qui ont éclaté dimanche soir dans plusieurs villes de banlieue, quartiers populaires et cités de France, à la suite des faits de violences policières de Villeneuve‐la‐Garenne, ont‐elles inquiété les autorités locales ? À Toulouse, des incidents ont eu lieu dès le dimanche soir, puis le mardi soir dans le quartier de la Reynerie, traditionnellement l’un des plus « chauds » du Grand‐Mirail, dans le sud de la ville.

Des « épisodes brefs dans la durée », selon la préfecture qui recense des poubelles brûlées et six voitures incendiées. Aucune interpellation n’a eu lieu, « mais des enquêtes sont en cours sous l’autorité du parquet pour déterminer les responsables de ces agressions envers les policiers ». Ce samedi matin, La Dépêche fait encore état d’un accrochage survenu hier soir dans le même quartier avec un véhicule de police pris à partie lors …

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