Au lendemain du premier tour des élections départementales, la liste « Haute-Garonne en commun » fait la course en tête dans la quasi-totalité du département. Dans 23 cantons sur 27, les binômes soutenant la majorité sortante du président socialiste Georges Méric arrivent en tête. Ils occupent la deuxième place dans les quatre cantons restants.

Face au rouleau compresseur socialiste (associé au PCF, PRG et Génération.s), les autres formations politiques peinent à rester visibles. Les candidats écologistes atteignent le second tour dans huit cantons, majoritairement à Toulouse et ses environs. Le Rassemblement national se maintient dans dix cantons. Pour les autres formations politiques, le constat est plus amer encore. Les Républicains arrivent en tête uniquement dans le canton de Toulouse 10, où ils sont représentés par Jean-Baptiste de Scoraille et Sophie Lamant. La liste « divers-gauche » de Caroline Honvault et Marc Peré arrive en tête à Toulouse 9. Enfin deux binômes « divers-centre » se hissent au premier rang à l’issue du premier tour : Karine Barrière et Jean-Marc Dumoulin à Villemur-sur-Tarn, et Jean-Yves Duclos avec Cécile Laurenties-Barrere à Saint-Gaudens.

Aucune triangulaire ou quadrangulaire n'est au programme de ce second tour, en raison de l'abstention record. L'article L210 du code électoral stipule qu'il faut avoir récolté au moins 12,5 % des voix des inscrits pour maintenir sa liste. Dans le cas contraire, ce sont uniquement les deux binômes ayant remporté le plus de voix qui en ont la possibilité. Bernard Cabrières et Jacqueline Winnepenninckx-Kieser l'ont appris à leurs dépens. Ce binôme, qui se présentaient comme "union du centre" dans le canton de Toulouse 4, a rassemblé 19,36 % des suffrages exprimés, mais seulement 7 % des inscrits. Insuffisant donc se qualifier au second tour. C'est également le cas du binôme Rassemblement national de Nicole Izard et Julien Leonardelli, battus de sept voix par les socialistes dans le canton de Villemur-sur-Tarn. Le conseiller municipal de Fronton ne sera pas autorisé à maintenir sa liste puisqu'il n'a reçu le soutien que de 8 % des inscrits.

Du côté des socialistes, cette abstention modère l'enthousiasme. « On ne peut pas être satisfaits avec une abstention pareille, tempère Guillaume Laboulle, responsable presse pour la liste Haute-Garonne en commun. On a de bonnes surprises avec ce bloc de gauche qui est assez haut, notamment dans les zones urbaines et périurbaines. Mais l’abstention nous empêche de tirer des enseignements de ce scrutin, au-delà du score des écologistes qu’on ne pensait pas si haut. Ça nous interpelle sur le fait que les gens sont demandeurs de plus d’écologie dans la politique du quotidien. »

Du côté de la liste écologiste, l’heure est à l’optimisme. « On voit que les résultats de ces départementales sont dans la lignée de nos bons scores aux municipales et aux européennes », analyse Raphaël Negrini, candidat écologiste dans le canton de Toulouse 2 qui, avec 25 % des voix exprimées, a dix point à rattraper pour faire jeu égal avec les socialistes. Malgré son retard, le candidat veut voir dans ce bon score « un ancrage écologiste qui se développe à Toulouse ».

Les écologistes estiment avoir les moyens de remporter la mise dans les cantons de Toulouse 3, 4 et 5, où les listes vertes talonnent celles du parti socialiste. Les électeurs en décideront dans moins d'une semaine.