Ils ont commencé l’école primaire avec l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron et la crise des Gilets Jaunes. Ils ont été confinés par le Covid pendant leur CM1‐CM2. Leurs années collège ont été obscurcies par le déclenchement de la guerre en Ukraine et le réarmement progressif des démocraties occidentales. Ils terminent leur lycée par 35°C dans les classes lors des canicules à répétition.
Les lycéens ont grandi au rythme de l’enchaînement des crises. Et plus encore que le délabrement de leurs conditions d’études, c’est peut‐être ce trop‐plein qui a conduit cette « génération crises » dans les rues de la Ville rose, mardi 6 octobre, où entre 13 500 et 30 000 personnes ont défilé dans le cadre du mouvement national lycéen.
Les lycées de la 7e puissance économique mondiale en mode débrouille
Pour la plupart de ces lycéens rencontrés lors de blocus ou pendant la manifestation, c’est une première fois, dictée par un vécu quotidien fait de stress, de bricolage et de sentiment de mépris. « Il n’y a vraiment rien qui va », constate Thomas*, 17 ans, scolarisé à Toulouse‐Lautrec en première générale. « Il n’y a tellement pas de moyens que nous n’avons même pas de carnet de correspondance depuis la rentrée. La vie scolaire a fait ce qu’elle pouvait en bricolant des cartes d’étudiants en carton plastifiées. »
Un système D qui se répète dans tous les instants d’une journée ordinaire. « On est …