Pour ses 10 ans, Euratechnologies a vu les choses en grand : une semaine entière de festivités. Au programme : conférences, tables rondes et ateliers illustrant la réussite de l'ambitieux projet porté par Pierre de Saintignon, l’ex-premier adjoint de Martine Aubry, disparu cette année. En ce lundi 3 octobre, la journée est dédiée aux nouvelles promotions de start-ups qui intègrent gratuitement, pour 80 jours, l’un des « plus grands incubateurs de France et d’Europe ». Un « écosystème numérique » qui a par ailleurs réussi à attirer les plus grands noms du secteur : Microsoft, IBM, Cap Gemini...

Au fil des années, Euratechnologies s’est considérablement développé, accueillant quelque 220 entreprises et 4300 emplois sur le quartier. À tel point que les 22 000 mètres carrés de l’ancienne usine textile Le Blan-Lafont, coeur du dispositif, ne suffisent plus. La structure décide alors de décliner son modèle dans d’autres territoires de la région. Trois incubateurs spécialisés voient le jour : à Blanchemaille (Roubaix) pour le e-commerce ; Saint-Quentin pour la robotique ; et Willems, pour l’agriculture connectée. L’objectif affiché est aussi d’arrimer l’ensemble des Hauts-de-France au train de la « FrenchTech », si prometteur en terme d’activités et d’emplois. « Dans trois ans, nous serons 10 000 dans Euratechnologies et 10 000 à l’extérieur » de Lille, lançait Pierre de Saintignon en octobre 2018.

« Si l’essaimage à Willems se révèle être un échec, nous prendrons les dispositions nécessaires et nous arrêterons »

Le pari est osé. Mais la posture est commune dans l’univers des start-ups. Peut-il réussir ? À regarder le bilan du rejeton Agtech, à Willems, près de deux ans après son lancement, il est permis de s’interroger. Le directeur général d’Euratechnologies, Raouti Chehih, n’élude d’ailleurs pas le problème posé par les débuts difficiles de l’incubateur dans cette commune de 3 000 habitants, située en périphérie de la communauté urbaine de Lille. « Nous verrons d’ici 2020. Si l’essaimage à Willems se révèle être un échec, nous prendrons les dispositions nécessaires et nous arrêterons », finit-il par lâcher.

A quelques mois des municipales, une telle décision constituerait un revers personnel pour le maire (divers droite) de Willems. Thierry Rolland a lancé ce projet et investi l’argent de la commune avant même d’avoir reçu le soutien de la Métropole de Lille. Celle-ci détient pourtant l'essentiel de la compétence en matière de développement économique. L’édile, qui a refusé toutes les demandes d’entretien de Mediacités, semble avoir été porté par . . .

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