«Pertes de sens et de valeurs », « des orientations floues et instables », « sentiment de ne plus faire un travail de qualité », « surcharge, stress, épuisement » d’un côté ; « sous charge, inquiétudes, perte d’estime » de l’autre… Mediacités s’est procuré le rapport que le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait commandé au cabinet Actems [lire ci-dessous]. Ses conclusions, communiquées en interne jeudi 3 mai, sont particulièrement sévères pour le management de la collectivité présidée par Laurent Wauquiez. La fusion des deux anciennes régions, couplée à une réorganisation et aux changements liés à la nouvelle mandature, semble être particulièrement mal vécue par la plupart des 300 agents  sondés par Actems.              

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Le mal-être social ressenti au sein de la région Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2015 est un secret de Polichinelle. Plusieurs journaux s’en sont fait l’écho ces derniers mois [relire notamment l’enquête d’Acteurs de l’économie-La Tribune : « Région Auvergne-Rhône-Alpes : péril en la demeure »]. « Mais aujourd’hui, c’est écrit noir sur blanc par des personnes de l’extérieur, souligne Natalie Sabatier, membre (CGT) du CHSCT. Les conclusions d’Actems correspondent exactement à ce qu’on dénonce depuis la mise en place de la fusion. » « Ce rapport conforte ce qu’on dit depuis longtemps, abonde pour l’Unsa Christian Darpheuille. La question maintenant, c’est que va faire la région pour améliorer les conditions de travail des agents ? »

Communiquée d’abord oralement aux membres du CHSCT, l’expertise explosive a fait l’objet, vendredi 27 avril dernier, d’une présentation aux agents du siège lyonnais, de la part de la direction générale des services. « Comme par hasard, un vendredi, jour où les effectifs du personnel sont réduits », déplore Philippe Duverny, représentant FSU. La présentation a toutefois été diffusée sur l’intranet de la région. Mais – surprise ! – le document a été expurgé de la quasi-totalité des pages sur le constat, négatif, gardant, à l'inverse, celles compilant les préconisations à mettre en œuvre.

« Si avec un tel rapport, la région ne réagit pas, c’est à désespérer de tout !, commente Natalie Sabatier. Il va falloir entreprendre des mesures de fonds et ne pas s’en tenir à cacher la misère comme cela a été fait jusqu’à présent avec des cours de yoga ou des séminaires. » Six réunions ont d’ores et déjà été annoncées pour « partager de manière plus approfondie les constats et analyses » afin de « faire réussir la Région » et d'élaborer « un plan d'actions », a indiqué la direction générale des services. Contacté ce vendredi 4 mai, le cabinet de Laurent Wauquiez a refusé, pour le moment, de s'exprimer sur le sujet.