Ils sont tous suspendus à ce moment. Au centre de la scène, le maire de Lyon Georges Képénékian vient de faire décoller une crêpe de sa poêle fumante. À sa droite, Jean-Christophe Larose, fondateur du groupe Cardinal, grand promoteur immobilier lyonnais épinglé dans les « Panama Papers », applaudit, prêt à exulter. À sa gauche, Pierre Fanneau, le PDG du Progrès, esquisse un sourire pincé. La crêpe va-t-elle retomber dans la poêle ? Ce 31 janvier 2018, entre coupes de champagne et verres de Chivas, directeur de presse, hommes politiques et entrepreneurs sont réunis pêle-mêle pour la « Grande soirée de la chandeleur ». Organisée par le journal Le Progrès dans un restaurant du quartier lyonnais de la Confluence, la fête est financée par les sociétés Cardinal, Renault Trucks ou encore UGC. « Merci bien entendu à tous nos partenaires, commente au micro Marc Jean, chef de projet événementiel au Progrès. Je vous rappelle qu’on aura une page complète dans Le Progrès de vendredi. »

Grands raouts locaux, fêtes, trophées, manifestations sportives, dégustations privées et salons gastronomiques : pour endiguer l’érosion de ses lecteurs et, donc, de ses revenus, Le Progrès multiplie événements, partenariats et suppléments, sponsorisés par des entreprises ou des collectivités locales. En quelques années, le pôle événementiel du groupe Progrès est devenu un poste de recettes important du journal, qui refuse de communiquer des chiffres. « Secret d’entreprise », répond-on du côté de la direction. La manne se chiffrerait en millions d’euros [lire plus bas].

Le quotidien historique régional, un des plus vieux de France, né à Lyon en 1859 et racheté par Hersant, Dassault puis le Crédit Mutuel à 100% depuis 2009, vend désormais son image aux plus offrants. « Le Progrès a toujours été une marque de presse, et on la développe depuis plus de dix ans quand on a lancé toute la diversification événementielle », assume Xavier Antoyé, rédacteur en chef du Progrès, du Bien public et du Journal de Saône-et-Loire, qui a reçu Mediacités au siège du groupe, dans le quartier de la Confluence.

Laurent Wauquiez, Fiducial ou la dernière Renault

En 2017, Le Progrès a organisé plus de 70 événements dans les cinq départements (Rhône, Loire, Ain, Haute-Loire et Jura) de son territoire, soit en moyenne un tous les cinq jours. Voici le PDG Pierre Fanneau (celui à la gauche de la crêpe) posant devant la nouvelle Renault Captur avec Gérard Collomb et Tony Parker pour la « Grande soirée de l’été du Progrès » ; dégustant des crémants de Bourgogne lors d’un événement privé avec les producteurs ; s’affichant à la « Fête de l’entreprise » – financée par la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fiducial, EDF ou le syndicat des patrons CPME –, avec Laurent Wauquiez, président de la région, et David Kimelfeld, président de la métropole de Lyon. Voici encore Jean-Claude Lassalle, directeur délégué du Progrès chargé des partenariats, aux côtés d’industriels comme Total pour le « Rendez-vous de la vallée de la chimie »… La liste des soirées, salons et trophées, souvent animés par des journalistes du Progrès en duo avec des confrères d’Euronews réalisant des « ménages », paraît sans fin. Elle ne va pas sans poser question, notamment en interne.                

Le 28 avril 2016, le Syndicat des journalistes (SNJ) dénonçait ces « partenaires particuliers » dans un compte-rendu de comité d’entreprise consulté par Mediacités. « Il ne s’agit pas de remettre en cause une politique de diversification destinée à mettre un peu de beurre dans les épinards, mais la ficelle est parfois un peu grosse quand ces opérations se transforment en vague quête du jackpot, quitte à brouiller l’image de l’entreprise… qui reste un journal », alertait le SNJ. Le syndicat dénombrait alors une cinquantaine de partenariats pour un million d’euros de recettes en 2015 et 34 soirées événementielles sur le modèle du « trophée des entreprises » programmées en 2016 pour un chiffre d’affaires de deux millions d’euros.

 « On fait des partenariats à droite et à gauche. Résultat, tu peux rencontrer des interlocuteurs sur le terrain qui te disent qu’ils financent le journal et qu’ils ont croisé ton directeur. Ça crée un petit malaise… », lâche Vincent Lanier, journaliste au Progrès à l’agence de Bourg-en-Bresse (Ain) et premier secrétaire général du SNJ. « Sans cette activité-là, les difficultés seraient beaucoup plus sévères », justifie de son côté le rédacteur-en-chef Xavier Antoyé.

« Ils auraient vendu de la soupe ou de la lessive, ça aurait été pareil »

À l’image de l’ensemble de la presse quotidienne régionale (PQR) française, Le Progrès, qui compte environ 260 journalistes pour 500 salariés, ne va pas bien. Ses ventes s’effritent d’année en année (-17,1% entre 2010 et 2016, -2,6% en 2017), et le journal ne tire plus aujourd’hui qu’à 200 000 exemplaires ses 17 éditions locales. Selon les bilans récupérés par Mediacités, le Groupe Progrès accusait un déficit de 11,6 millions d’euros pour l’exercice 2016, qui viennent s’ajouter à des pertes cumulées de près de... 250 millions d’euros ! Un gouffre.

Au siège du Progrès, dans le quartier de la Confluence. Photo : NB/Mediacités.

Arrivé en septembre 2017 à la tête du groupe Ebra (Est Bourgogne Rhône Alpes) – le pôle presse du Crédit Mutuel qui comprend Le Progrès mais aussi tous les journaux de l’Est de la France de Strasbourg à Avignon –, Philippe Carli n’a pas attendu longtemps avant de lancer un grand chantier de restructuration. Pour l'ancien directeur du groupe Amaury (L’Equipe), si rien ne change, Ebra perdra 72 millions d’euros d’ici à 2020, dont près de 15 millions d’euros pour le seul Progrès. Objectif : revenir à l’équilibre en accentuant la mutualisation des coûts, marotte de la banque actionnaire. Au sein du groupe, l’impression des journaux a déjà été regroupée et un bureau d’informations générales (Big), qui compte 25 journalistes, a été créé à Paris pour les actualités nationales et internationales. Au Progrès, la cure d’austérité devrait se traduire, en 2018, par un plan de départ volontaire de 77 salariés, dont 27 journalistes . Les négociations en cours avec les syndicats pourraient aboutir en juin.                

Cette révolution, commune pour l’ensemble des titres du groupe Ebra, porte un nom de code : « Digital First ». En français ? Mettre le paquet sur le numérique. Enjeu : produire plus de contenus pour attirer les annonceurs et tenter de séduire de nouveaux lecteurs. Du datajournalisme, du factchecking (vérification de faits), de la cartographie et plus d’éditeurs web… mais moins de journalistes de terrain comme les faits-diversiers, dénoncent les syndicats. « On est pour investir dans le web car on est vraiment en retard, concède Vincent Lanier du SNJ. Mais il n’y a pas de projet éditorial. Et on affaiblit le journal papier, qui représente encore plus de 95% des recettes de diffusion. »

« Producteurs de contenu », « clients » et « monétisation »

Dans différents documents internes consultés par Mediacités, cette évolution « Digital First » s’accompagne d’une novlangue toute marketing : les reporters deviennent des « producteurs de contenu », les lecteurs des « clients » et les journalistes sont formés aux « stratégies de monétisation ». « Aujourd’hui, ce qu’il faut comprendre, c’est que la vision du lecteur traditionnel a évolué. Le lecteur est aussi et d’abord un consommateur d’informations. Et ça veut dire qu’il faut intégrer ses usages », défend Xavier Antoyé.

Comme l’a rapporté le blogueur lyonnais toniolibero, un cabinet de conseil basé en Hollande, Bearing Point, a été mandaté pour accompagner la stratégie digitale du groupe Ebra. À l’automne, plusieurs consultants de ce cabinet sont venus à Lyon pour une présentation devant les journalistes du Progrès. Avec une stratégie mélangeant allègrement éditorial et publicité, affublée d’une polémique sexiste sur les femmes – les lectrices « cibles » étaient rangées dans la même catégorie que les inactifs –, les consultants de Bearing Point ont créé un mini-tollé. « Ils auraient vendu de la soupe ou de la lessive, cela aurait été pareil », soupire Olivier Guichard, journaliste sportif et délégué du personnel au Progrès.

« Avant, un journal cherchait à gagner des lecteurs »

Face à la crise de la presse, une logique comptable et marketing s’est installée au Progrès. « Avant, un journal cherchait à gagner des lecteurs par la qualité de son contenu. Ensuite, on allait chercher des annonceurs. Cela a basculé au début des années 2000, quand on a privilégié le chiffre d’affaires, se souvient Germain Bonnet, ancien chef du cahier économie au Progrès. À partir de là, on n’a plus vendu du contenu rédactionnel, mais la marque Progrès. Il y a eu des départs de journalistes, et davantage de correspondants locaux.  On est arrivés à ce qu’on a maintenant : du micro-local et de l’ouverture de boutiques. Quand le Crédit Mutuel a pris 100%, cela n’a fait que s’accentuer. »              

Germain Bonnet est un témoin privilégié de cette évolution. Ce journaliste expérimenté, arrivé en 1986 « pour remettre de l’économie au Progrès », a dénoncé en interne le dévoiement des suppléments du journal comme supports de communication. « On avait un supplément économie tout à fait indépendant. C’était un Etat dans l’Etat. Mais quand ils ont créé la direction du développement et des marques, petit à petit, j’ai rendu les clefs du cahier éco », confie-t-il.

Peu à peu, Le Progrès a considérablement diversifié son offre « suppléments ». Le « cahier éco », publié le mardi, est assumé par la rédaction-en-chef comme de « l’information positive ». À côté, un service suppléments, composé de six personnes dont un certain Gilles Lavache, journaliste sous pseudo au Progrès et premier adjoint à la Ville d’Oullins comme nous le révélions le 23 mai dernier, édite des hors-séries thématiques (Mai 68, Bocuse…) ou des suppléments qui mettent en valeur entreprises et commerces locaux, comme dans le « C’est en ville ».

Interview passe-plats

Et puis, il y a tous ces suppléments qui assurent la communication des événements du Progrès et de ses sponsors. Ainsi, lorsqu’on feuillette celui de la « Fête de l’entreprise » 2018, soirée financée en partie par la région Auvergne-Rhône-Alpes, on retrouve la signature de Frank Viart, chef du service économie du Progrès, et quelques pages plus loin une interview passe-plats du président de la collectivité titrée « Laurent Wauquiez en premier soutien des entreprises de la Région », au-dessus d’une publicité… de la collectivité qu’il préside (voir l'extrait du supplément ci-dessous). Le tout sans une seule mention « communication » pour les lecteurs. « Oui, tout à fait, on est sur de la communication, admet Xavier Antoyé. Mais ce sont des interviews qui ne sont pas relues [par les élus ou les entreprises partenaires]. »

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Extrait du supplément consacré à la Fête de l'entreprise

Pendant un mois, Mediacités a épluché les suppléments du Progrès. Difficile pour un lecteur de distinguer ce qui relève de l’information ou de la communication. Le graphisme, les maquettes, les bandeaux et la titraille entre le journal et ses suppléments sont à peu de détails près les mêmes (voir Unes ci-dessous). Les logos des partenaires des événements ne sont pas toujours affichés, quant aux mentions « communication » ou « publireportage », pourtant réclamées par les syndicats, elles sont inexistantes. « Un publireportage est un contenu publicitaire qui est relu par l’annonceur. Ce qui n’est pas du tout le cas de ces contenus-là, se défend Xavier Antoyé. On a tout de même des polices de caractère de tailles différentes. » Au lecteur d’avoir des bonnes lunettes pour distinguer l’information de la communication ?                  

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Comparatif entre la Une d'une édition du journal et la Une d'un supplément 

Ces propos tranchent avec les témoignages recueillis par Mediacités de journalistes pigistes  passés par le pôle suppléments du Progrès. « C’est le souci avec ce service. On est aux frontières du journalisme et de la communication. Certains suppléments sont 100% éditoriaux, d’autres beaucoup moins », explique un ancien collaborateur. « Ils sont relus par les organisateurs des événements ou de salons », affirme-t-il. La charte d’éthique professionnelle des journalistes du SNJ, rédigée en 1918 et amendée en 2011, est pourtant très claire : « Un journaliste digne de ce nom refuse et combat, comme contraire à son éthique professionnelle, toute confusion entre journalisme et communication ».                

« On s’est mis en conflit d’intérêts et on entretient la suspicion »

Ce mélange des genres n’est pas sans danger pour l’indépendance éditoriale du journal. Nous nous sommes par exemple intéressés aux partenariats entre l’Olympique lyonnais et Le Progrès. Un premier contrat a été signé entre les deux sociétés à travers La Tribune de l’OL, un journal distribué les soirs de matchs et imprimé sur les rotatives du Progrès. Mais il existe également un second partenariat, moins connu. D’un montant a minima de plusieurs dizaines de milliers d’euros par an selon la direction – plus élevé selon différentes sources –, il régit la distribution des photos lors des matchs officiels. « On est un peu les photographes de l’OL, relève Olivier Guichard, journaliste sportif au Progrès. Nos photographes envoient leurs photos sur un double canal, l’un va au journal, l’autre à l’OL. »

Or, le 18 mars dernier, le président de l’OL, Jean-Michel Aulas, a dégainé ces mots dans les colonnes de L’Equipe : « Je voulais rappeler qu’on mettait les médias dans les meilleurs conditions de proximité avec les joueurs et le staff. De la même manière, on fait réaliser notre magazine des jours de match par Le Progrès, notre base photos est alimentée par leurs photographes. Le Progrès a besoin de nous et on n’est pas souvent récompensés. On a besoin de lui mais de moins en moins car tout passe par le numérique ».

Ce coup de pression à peine voilé faisait suite à une polémique lancée quelques jours plus tôt par le patron de l’OL, après une défaite en coupe d’Europe à Moscou. Réagissant à des articles critiques du Progrès, Jean-Michel Aulas avait tweeté que ses journalistes voyageaient aux frais de l’OL. Affirmation fausse et démentie par le journal. Suite à cet incident, des confrères d’autres médias avaient boycotté une conférence de presse d’avant-match, par solidarité avec le Progrès. Du jamais vu ! « Mais il n’y a pas eu de défense de la direction. Pas un mot pour les lecteurs pour expliquer la situation. C’est dommage. La moindre des choses aurait été d’écrire un édito », regrette Vincent Lanier. « Dans de nombreux domaines, on s’est placé en situation de conflit d’intérêts et on entretient la suspicion », analyse-t-il.

« Un Washington Post à la française »

De fait, la proximité entre le journal, les grandes entreprises locales et les élus ne favorise pas le travail d’enquête. Il paraît bien loin le temps où, dans les années 1980, le patron du journal Jean-Charles Lignel rêvait de faire du Progrès un « Washington Post à la française ». « L’investigation n’est clairement pas dans la ligne éditoriale. C’est un vrai problème. En position quasiment de monopole, Le Progrès en a non seulement les moyens, mais aussi le devoir », déplore un journaliste d’une agence locale, qui tient tout de même à nuancer : « Par le biais des partenariats, on voit des proximités dangereuses avec des entreprises, des institutions, des élus qui peuvent fragiliser la rédaction. Mais en vingt ans de boulot, la direction n’a jamais exercé de pression sur moi pour me décourager de rédiger un article sur un sujet sensible ».

Un autre journaliste, vingt ans d’ancienneté également, estime que la frontière entre liberté et censure est plus subtile : « Il y a beaucoup d’autocensure. On sait qu’on va avoir des complications par rapport aux annonceurs si on s’attaque à certaines entreprises ou collectivités. À partir du moment où tu n’as pas la place, qu’on ne te pousse pas et que tu n’es pas sûr que ça va être publié… On n’est pas Don Quichotte ». « On parle de porter la plume dans la plaie . Au Progrès, c’est le contraire », lâche, fatigué, ce même journaliste.                

Au siège du Progrès, à Lyon. Photo : NB/Mediacités

Présence au quotidien

À l’heure du numérique et en plein plan social, Le Progrès se cherche un avenir. « Il n’y a pas d’ambition éditoriale. C’est le grand problème du Progrès », critique un journaliste de la rédaction du Rhône. « La ligne éditoriale, c’est d’abord la proximité », rétorque Xavier Antoyé. On a défini dix-sept thématiques prioritaires dans notre projet, et on fait des études lecteurs – avec un panel de 3000 personnes –, qui confirment que ce sont les sujets qui les intéressent : l’actualité chaude, le fait-divers, la justice et toutes les problématiques de vie quotidienne, la santé, les travaux ou l’économie. »

« Notre présence au quotidien, dans chaque commune, ce regard sur le local, c’est essentiel », rappelle, encore convaincue et passionnée, une journaliste d’une agence locale. « Même si ça n’évolue pas forcément bien, on peut quand même sortir des infos. Il faut le vouloir et se battre, mais j’estime que je peux encore faire mon boulot », ajoute Vincent Lanier, du SNJ. « On participe, comme tous les autres, à la vie démocratique, c’est ça le fond, souligne le rédacteur-en-chef Xavier Antoyé. Simplement, voilà, la vie démocratique, il faut la financer… »

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« On ne traite jamais les affaires internes »

Une entreprise est particulièrement taboue dans les colonnes du Progrès : le Crédit Mutuel. Le journal ne parle jamais en mal de son unique actionnaire et de ses filiales. Plus simple : il n’en parle pas du tout. Ainsi de l’affaire de la banque Pasche, filiale du Crédit Mutuel (aujourd’hui vendue). Comme l’a révélé le site Arrêts sur images, quand Vincent Bolloré décide en 2015 de déprogrammer de Canal+ un documentaire sur l’évasion fiscale de la banque Pasche, à la demande de son ami Michel Lucas, alors patron du Crédit Mutuel, les journaux du groupe Ebra, dont Le Progrès, n’en écrivent pas une ligne, ni ne relayent la dépêche AFP qui relate l’événement. Seule une brève d’un journaliste zélé paraît dans Le Journal de Saône-et-Loire, propriété du groupe. « Je ne sais plus pourquoi on n’a pas repris la dépêche, honnêtement », louvoie aujourd’hui Xavier Antoyé, rédacteur-en-chef.

Dans une toute autre histoire, selon nos informations, la direction du Progrès a refusé de relayer la plainte déposée à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) contre Christophe Tostain, PDG du Dauphiné Libéré. L’homme fort du quotidien régional basé à Grenoble, propriété du groupe Ebra, a été placé en garde à vue et déféré au parquet le 7 mars dernier. Il devrait bientôt comparaître au tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de violence sur sa compagne. Interrogé par Mediacités sur cette censure, Xavier Antoyé ne nie pas. Bien au contraire : « On a l’habitude, on ne traite jamais les affaires internes. C’est vrai. On l’assume complètement ». Interpellé sur cette affaire par les syndicats, le rédacteur en chef du Progrès s’est néanmoins engagé à couvrir le procès. 

Mathieu Martiniere
Basé à Lyon, cofondateur de We Report, un collectif européen de journalistes indépendants, Mathieu enquête pour des médias français et européens (Mediacités, Mediapart, Les Jours, La Cité...). Il a notamment travaillé sur l'affaire Barbarin et la pédophilie dans l'Eglise catholique française, travail qui a donné lieu à la publication d'un livre (Eglise, la mécanique du silence), ou encore sur l'agence policière Interpol avec un documentaire diffusé sur Arte (Interpol, une police sous influence ?), fruit de cinq ans d'enquête.