Dix-sept mois et puis s’en va ! Gérard Collomb a forcé la main à Emmanuel Macron : le ministre de l’Intérieur quitte le gouvernement. Retour à Lyon où l’intéri-maire Georges Képénékian s’est empressé de lui dégager la place – le premier édile a envoyé sa lettre de démission à la préfecture dès ce mardi 2 octobre, révèle Le Monde.

Retour ? Oui et non. Formellement, pendant la durée de son bail place Beauvau, le baron lyonnais est resté simple conseiller municipal et métropolitain. Une précaution indispensable pour se réinstaller à la tête des exécutifs comme il s’apprête à le faire pour l’hôtel-de-ville. Une précaution qui a un coût : l’élu local Gérard Collomb a continué d’être indemnisé alors même qu’il n’a assisté à aucun conseil de la ville de Lyon ou du Grand Lyon depuis juillet 2017, date d’élection de ses successeurs Georges Képénékian et David Kimelfeld. A titre de comparaison, son collègue ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a, lui, siégé quelques rares fois au conseil régional des Hauts-de-France ou à celui de la métropole de Lille dont il est toujours élu.   

D’après nos calculs, le ministre Gérard Collomb a touché, au titre de ses mandats lyonnais, au moins 33 000 euros . Un conseiller municipal de Lyon qui n’est ni conseiller délégué ni adjoint ou maire perçoit 1335,58 euros par mois. Multiplié par 17 mois, le total s’élève donc à 22 700 euros. Le règlement intérieur du conseil municipal ne prévoit pas de réduire les indemnités des élus en cas d’absentéisme à la différence de celui du Grand Lyon. Et le service de communication de la Ville nous a confirmé que tous les conseillers étaient indemnisés indépendamment de leur présence.            

Forum d’associations et prince japonais

Les règles sont plus strictes à la Métropole : un conseiller absent à plus de quatre assemblées plénières par trimestre – en d’autres termes quand il n’est jamais là, le conseil métropolitain se réunissant en général une fois par mois – ne touche « que » 50% de son indemnité mensuelle, soit 655,75 euros. En théorie, la sanction s’est appliquée à Gérard Collomb qui aurait donc perçu 11 150 euros de la part du Grand Lyon pendant son passage au gouvernement. Le conditionnel est de mise : depuis le 14 septembre, Mediacités tente de savoir, auprès des services de la Métropole, si la règle a été suivie pour le ministre démissionnaire. Trois semaines plus tard, et malgré de nombreux appels et courriels de relance, nous attendons toujours la réponse. Contacté, le ministère de l’Intérieur n’a pas non plus donné suite à notre sollicitation. 

Absentéisme aux conseils ne signifie pas absence du paysage local. Forums d’associations le 16 septembre dernier, visite du prince héritier du Japon le 7 septembre ou meeting de La République en Marche comme ce samedi 29 septembre : Gérard Collomb n’a jamais manqué une occasion de revenir dans sa ville. Mediacités a passé en revue son agenda officiel depuis mai 2017, recoupé et complété par ses apparitions publiques et dans la presse : le ministre de l’Intérieur aura effectué au moins 32 allers-retours entre Paris et Lyon. Mais aucune de ses escapades n’aura coïncidé avec un conseil du Grand Lyon ou de la ville de Lyon. C’est ballot !  

Actualisation 17 octobre 2018 – Patience et longueur de temps… La métropole de Lyon a fini par répondre à nos demandes. Selon elle, le règlement intérieur s’est bien appliqué à Gérard Collomb le temps de son passage au gouvernement. Autrement dit, l’ex-ministre de l’Intérieur a perçu, au titre de son mandat de conseiller métropolitain, 11 150 euros d’indemnités (soit une retenue de 50% de l’indemnité de base), pour… une seule présence en assemblée plénière, le 10 juillet 2017, quand il a transmis son siège de président à David Kimelfeld.  

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Point final.

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