L’un fait le ménage, son voisin termine la vaisselle, les autres discutent de leur journée en apprentissage. Plomberie, BTP, restauration… Les jeunes hommes – des mineurs ayant fui leurs pays d’origine en Afrique – travaillent dur la journée. « Le soir, ils peuvent rentrer chez eux, partager un repas. Et nous venons nous assurer que tout va bien », détaille Pierre‐Antoine Lepage, directeur général du groupement d’associations qui gère les lieux, RelYance Terrami(e)s.

L’organisme est chargé de l’hébergement et de l’accompagnement de jeunes migrants, scolarisés le plus souvent en alternance dans des métiers en tension. Pour notre venue, ce jeudi 12 mars au soir, le responsable, assisté de deux éducateurs, a concocté une visite digne d’un voyage de presse. « Ici, c’est une colocation qui se passe bien », précisent‐ils, un peu tendus par cet exercice de communication. Au même moment, le président de la République annonce la fermeture des écoles, prémices du confinement général qui suivra quelques jours plus tard [lire ci‐dessous l’encadré En coulisses].
Belle vitrine
Cinq jeunes migrants d’origine africaine, reconnus mineurs par les services de la Métropole de Lyon, habitent dans cette petite rue calme du 3e arrondissement. L’appartement est haut de plafond, rafraîchi, meublé sans harmonie mais de manière confortable. L’ambiance est sereine. « Nous accueillons ainsi 165 jeunes migrants dans des appartements un peu partout dans toute la Métropole, poursuit Pierre‐Antoine Lepage. Et ce, en quelques semaines seulement d’existence. »

La vitrine est belle. Des jeunes autonomes dans des appartements bien tenus. Un accompagnement social de qualité. Aux antipodes de la situation documentée par Mediacités dès 2017, quand les services du Grand Lyon dépassés se montraient incapables de remplir leur mission de protection de l’enfance, qui concerne les mineurs non‐accompagnés (MNA), ces jeunes migrants arrivés seuls sur le territoire français. A l’époque, la collectivité est régulièrement accusée de se montrer très sélective avant de leur reconnaître le statut de mineur, laissant bon nombre de jeunes à la rue, sans solution d’hébergement [lire dans nos archivesMigrants : l’insupportable attente des mineurs isolésou cette tribuneMineurs isolés à la rue : urgence !”].

Plus de deux ans après, la situation s’est améliorée. Depuis avril 2018, la Métropole a confié à l’ONG Forum réfugiés le soin d’évaluer l’âge des jeunes migrants qui demandent sa protection et

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