Et soudain, le conseil municipal de Vénissieux se retrouve sans dessus dessous. Ce lundi 7 décembre, en toute fin de séance, Christophe Girard, chef de file de la droite locale, présente un vœu - sorte de délibération symbolique. Il demande à l’assemblée communale d’apporter son soutien au peuple arménien et au gouvernement français de reconnaître la république du Haut-Karabagh. Son texte s’appuie sur une résolution récemment adoptée à une large majorité par le Sénat et l’Assemblée nationale.       

De large majorité, il ne sera pas question cette fois-ci… Même au sein du groupe PCF qui contrôle la dernière citadelle communiste de l’agglomération lyonnaise et dans les rangs duquel la discipline n’est pas un vain mot, les voix se dispersent. Plus des deux tiers des 49 élus se réfugient dans l’abstention ou ne prennent pas part au scrutin. La confusion est telle  qu’il faut procéder à un second vote. Au final, le vœu est adopté par 10 voix pour et 6 contre...

L’épisode est loin d’être anecdotique. Il illustre à quel point la cause arménienne et, au-delà, le conflit historique entre l’Arménie et la Turquie, ravivée par la guerre actuelle dans le Caucase, restent des sujets hautement inflammables dans les communes de l’Est lyonnais, où vivent d’importantes diasporas des deux pays. Le 2 décembre dernier, Mediacités vous racontait comment les affrontements au Haut-Karabakh avaient donné lieu à de sérieux incidents dans la métropole et singulièrement dans « la petite Arménie » de Décines [relire : « Dans l’Est lyonnais, l’influence croissante des organisations islamiques turques »]. Mais ce climat de tension ne se limite pas aux démonstrations de force des Loups gris, ce groupuscule ultranationaliste turc dissous par le gouvernement début novembre. Il sous-tend la vie politique locale en permanence.

Exemple à l’occasion des élections municipales et métropolitaines de mars et juin derniers. Dans plusieurs communes de l’Est lyonnais, des militants de la cause arménienne, via les réseaux sociaux, appellent au boycott de listes qui accueillent des candidats d’origine turque estampillés, selon eux, « pro-AKP » (le parti de Recep Tayyip Erdogan, le président turc) et « négationnistes » (ne reconnaissant pas le génocide des Arméniens par l’empire ottoman en 1915).

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Un accord qui sent le soufre

Parmi ceux mis à l’index, Yves Blein occupe une place de choix. Parti à la conquête (infructueuse) de Vénissieux, le député macroniste (ex-PS) scelle à la veille du second tour des municipales un accord qui sent le soufre avec Yalcin Ayvali. En lice sous la bannière de « l’Union des citoyens indépendants de Vénissieux», celui-ci a franchi la barre des 5% lors de la première manche du scrutin. Ses 422 voix l’autorisent à fusionner avec une autre liste. Sauf que…

Comme le relate alors Le Progrès, ce trentenaire d’origine turque n’est pas tout à fait novice en matière électorale. Trois ans plus tôt, Yalcin Ayvali s’est présenté aux législatives, dans la 14e circonscription du Rhône (qui englobe Vénissieux), sous les couleurs du Parti égalité justice (PEJ). Proche de l’AKP, le PEJ, fondé en 2015, joue cartes sur table avec un programme islamo-conservateur : abolition de la loi interdisant le port du voile à l’école ; relecture de la laïcité afin de permettre la pratique sociale et publique de la religion ; menus halal dans les cantines ; révision de la loi sur le mariage homosexuel… Le parti entretient des liens étroits avec le « Conseil pour la justice, l’égalité et la paix » ou « Cojep » qui a exprimé sa « totale désapprobation » après la signature, l’an dernier par Emmanuel Macron, d’un décret fixant une journée de commémoration du génocide arménien.

Yalcin Ayvali peut difficilement plaider l’erreur de jeunesse. En mars 2020, durant la campagne du premier tour, il reçoit la visite à Vénissieux d’Ahmet Cetin. Lui aussi candidat PEJ aux législatives de 2017, dans l’Ain, l’homme passe pour être un des meneurs des Loups gris dans la région. Début novembre, il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour « incitation à la violence ou la haine raciale ».

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Yalcin Ayvali et Ahmet Cetin pendant la campagne des élections locales 2020. Photo : DR.

Selon nos  informations, c’est après avoir démarché d’autres têtes de liste encore en lice que Yalcin Ayvali, qui n’a pas donné suite aux sollicitations de Mediacités, trouve un terrain d’entente avec Yves Blein. Le parlementaire lui cède quatre places sur sa liste municipale. Une alliance réprouvée par Sarah Tanzilli, membre du Comité de défense de la cause arménienne (CDCA) et présidente de la Maison de la culture arménienne de Décines : « Le PEJ s’inscrit clairement dans une forme de séparatisme. Yves Blein savait à qui il avait à faire. Il épouse une logique purement électoraliste et se compromet pour quelques voix. » Entre la communiste Michèle Picard, réélue, et le député, la victoire s’est jouée à 328 bulletins.

Grand défenseur de la cause arménienne, l’ancien maire socialiste de Villeurbanne Jean-Paul Bret y voit « une vraie transgression de la part d’un homme venant de la gauche et de la fédération Léo-Lagrange [après en avoir été le directeur général, Yves Blein préside ce mouvement d’éducation populaire] ». « Il y a une perte de valeur dans l’action politique », blâme-t-il.       

Six mois après le scrutin, Yalcin Ayavli siège dans l’opposition contrairement à Yves Blein, qui a préféré démissionner de son mandat municipal. Le député marcheur reste droit dans ses bottes : « J’estime avoir pris toutes les garanties écrites avant de donner mon accord à la fusion. Monsieur Ayvali a signé des engagements : respect de la laïcité, égalité homme-femme, attachement aux valeurs de la République. Après, on peut considérer qu’il a menti. Moi, je ne fais pas de procès d’intention. En 2017 [lors des législatives], le PEJ n’était pas perçu comme un parti téléguidé par Ankara et Erdogan n’a pas aujourd’hui le même discours qu’auparavant. Quand un jeune issu de l’immigration veut s’engager dans la vie publique et adhère à un projet communal, je me refuse à le vouer aux gémonies parce qu’il est d’origine turque. » Et de montrer patte arménienne : « Il y a trente ans, j’avais effectué un voyage à Erevan avec Michel Noir », conclut Yves Blein.

« Électoralement inféodé aux extrémistes arméniens »

Autre époque, autre commune, autre réaction. Lors des élections municipales de 2008, la candidature d’une Villeurbannaise d’origine turque provoque elle aussi des remous. À moins de deux mois du premier tour, Jean-Paul Bret, maire PS sortant, réunit ses 54 colistiers - parmi lesquels un certain Bruno Bernard (aujourd’hui président de la Métropole de Lyon) - pour les traditionnelles photos de campagne.

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L'hôtel de ville de Villeurbanne. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Durant la séance, Sirma Oran-Martz (Les Verts), 36 ans, est questionnée par l’entourage du maire à propos du génocide arménien. Sa réponse n’apporte pas la clarification attendue. Conséquence : la jeune femme alors placée en position éligible (16e place) sur la liste rose-rouge-verte n’apparaîtra pas sur la « photo de famille » finale. Elle jettera l’éponge quelques jours plus tard, sur fond de tensions entre le premier édile PS et le parti écologiste dirigé par Cécile Duflot - celle-ci réclamera des excuses et retirera le logo national des Verts à la liste de Jean-Paul Bret. Entre-temps a été révélée la participation de Sirma Oran-Martz, en 2006, à la manifestation contre la construction du mémorial du génocide arménien, place Antonin-Poncet à Lyon.

L’affaire n’en reste pas là. Près de deux ans après l’élection municipale de 2008, Jean-Paul Bret est cité à comparaître pour discrimination devant le tribunal correctionnel de Lyon par son éphémère colistière. Sirma Oran-Martz lui reproche d’être « électoralement inféodé aux extrémistes arméniens ». Le maire réplique qu’il devait s'assurer que les membres de son équipe partageaient ses valeurs. Son interrogation sur la reconnaissance du génocide arménien est jugée « légitime », compte tenu « des propos ambigus » de la requérante, par le tribunal qui relaxe Jean-Paul Bret [voir le document ci-dessous]. Sirma Oran-Martz entamera par la suite un marathon judiciaire jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme. Sans jamais obtenir gain de cause.   

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Un représentant du Milli Görüs au conseil municipal

Mais revenons à Vénissieux où s’est implanté le Centre islamique Milli Görüs (CIMG), assimilé aux Frères musulmans, qui gère la grande mosquée du quartier de Parilly. Voilà douze ans, soit deux mandats, qu’un membre de l’organisation siège au conseil municipal sur les bancs du groupe PCF, en tant que personnalité issue de la société civile. Depuis juin dernier, la place est occupée par Murat Yazar, responsable du pôle jeunesse du CIMG. En tant que membre de la majorité municipale, il préside le conseil de quartier de Parilly. Dans le rôle du représentant officieux de l’association islamique, il succède à Mustafa Guvercin.

« Au moment de l’arrivée du Milli Görüs, nous avons entamé un dialogue avec les responsables et leur avons proposé de rejoindre notre liste. Avec le souci de représenter au mieux la diversité de Vénissieux », confie Serge Truscello, patron de la section communiste locale. Une façon aussi de s’attirer les bonnes grâces de la communauté turque ? « Si on regarde les derniers scrutins, le premier vote communautaire - et de loin -, c’est l’abstention [74%], réplique celui qui fut le directeur de campagne de Michèle Picard. A cet égard, les tentatives de certains de nos adversaires pour mobiliser les musulmans contre notre tête de liste avec, par exemple, des SMS racontant qu’elle allait fermer tous les lieux de prière, n’ont pas vraiment rencontré d’écho. »

« République, laïcité, défense des services publics : en 2020, nous avons pris 150 engagements devant la population qui servent de base de travail, à Murat Yazar comme à tous les élus de la majorité. Le cadre est clair, poursuit-il. Avec Milli Görüs, depuis douze ans, nous n’avons rencontré aucune difficulté. » De fait, les appels au boycott lancés par la communauté arménienne ont épargné les candidatures (aux élections municipale et métropolitaine) de Michèle Picard.

« L’absence de réponse sur le génocide de 1915 ou les réponses dilatoires, ça suffit ! »

Ce n’est pas le cas d’Izzet Doganel. Cet élu de la commune limitrophe de Saint-Priest est persona non grata auprès du Conseil de coordination des organisations arméniennes (CCAF). Investi par La République en Marche, le presque quadragénaire a conduit la dernière bataille municipale dans sa ville tout en endossant le rôle de chef de file de la circonscription Porte des Alpes (Bron, Chassieu, Mions et Saint-Priest) pour l’élection métropolitaine, dans l’équipe de Gérard Collomb. « C’est un ami, quelqu’un de particulièrement actif, un organisateur né », vantait, pendant la campagne, l’ancien baron de Lyon.

Organisateur né ? Le CCAF reproche à Izzet Doganel l’organisation, à Eurexpo, de Festiculture, le salon annuel de la Turquie, dont l’élu est une des chevilles ouvrières. Selon les responsables de l’association, l’événement a accueilli « des stands négationnistes, au moins lors de l’édition 2015 ». Ils reprochent aussi au San-Priod son soutien, en 2014, au « dirigeant autocratique et négationniste » Recep Tayyip Erdogan lors de sa venue pour un meeting à Eurexpo. De quoi justifier, selon eux, une clarification du candidat de Gérard Collomb.

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Izzet Doganel et Gérard Collomb, lors de la campagne électorale 2020. Capture d'écran vidéo de campagne.

Le 21 février dernier, ils adressent en ce sens une lettre publique à l’ancien maire de Lyon qui pense encore reconquérir la Métropole et à Stanislas Guérini, délégué général de LREM. Sans réponse. Co-présidente du CCAF-Centre, Jeanine Paloulian enfonce le clou sur Lyon Mag : « Notre inquiétude, c’est la tentation des listes communautaires ». « Il y a une tentative d’entrisme très claire à Saint-Priest. Soit Monsieur Doganel est citoyen français et il respecte les lois françaises, et ne fait pas de négationnisme. Soit il n’est pas citoyen français et il faut qu’il soit candidat en Turquie », dézingue-t-elle.

Une semaine plus tard, Izzet Doganel s’indigne sur sa page Facebook : « Je ne veux pas qu’on parle de mes origines mais de notre projet pour Saint-Priest. J’ai rassemblé une équipe de toutes croyances et de toutes origines. Je ne laisserai pas dire qu’ils ont le cœur moins tricolore que les autres parce que leurs parents n’étaient pas français. Nous lutterons résolument contre tout communautarisme ». Contactée par Mediacités, Jeanine Paloulian n’en démord pas : « Monsieur Doganel est l’homme de Festiculture, un outil de la stratégie de communication d’Erdogan. Cette manifestation présente une belle vitrine de la Turquie (art, gastronomie, tourisme, commerce) mais dans les allées du salon, vous trouvez aussi des ouvrages négationnistes. »

« L’absence de réponse sur le génocide de 1915 ou les réponses dilatoires du type "Je ne suis pas historien", ça suffit !, poursuit-elle. Il ne s’agit évidemment pas de jeter l’opprobre sur l’ensemble de la communauté turque mais certains de ses membres, avec la bénédiction d’Ankara, pratiquent l’entrisme dans des conseils municipaux. Bien sûr, nous [la communauté arménienne] avons une sensibilité particulière sur cette question mais réduire le sujet à une histoire entre Arméniens et Turcs, c’est faire fausse route. Le projet néo-ottoman d’Erdogan, c’est un problème qui se pose à la France. » Sollicité à plusieurs reprises, Izzet Doganel n’a pas souhaité répondre à nos questions.

La figure de Terraillon

Son parcours illustre à sa manière la question sensible que reste l’engagement politique d’un citoyen d’origine turque. Habitant du quartier de Terraillon à Bron, le jeune homme fait ses classes au Parti socialiste, relais  local (déjà) de Gérard Collomb lors de la primaire du parti en 2011 (qui voit s’affronter Martine Aubry et François Hollande, soutenu par l’ancien maire de Lyon). En 2014, il décroche son premier mandat municipal, dans l’équipe d’Annie Guillemot. Sans passer par la case de simple conseiller municipal, il est propulsé adjoint par la maire PS qui a sauvé de justesse (300 voix) son fauteuil.

Sa délégation est consistante : économie, commerces, artisanat et déplacements urbains. Pour nombre d’observateurs, Izzet Doganel est récompensé pour avoir su mobiliser la communauté turque, notamment celle de Terraillon (20% de la population du quartier). « Mais sur les thèmes de société (mariage pour tous, etc.), il est tout sauf progressiste. Et pour lui, le génocide arménien n’a pas existé », raille un de ses anciens « camarades » brondillants.

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La mairie de Bron. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Un portrait dans lequel l’ancienne maire Annie Guillemot peine à reconnaître « la personnalité attachante » d’Izzet Doganel. Elle explique avoir repéré le jeune homme il y a une dizaine d’années : « C’était une figure qui émergeait à Terraillon. Il était dynamique, investi dans la vie associative, voulait s’engager en politique. Comme à l’habitude, j’ai composé ma liste en veillant à ce que tous les secteurs de la ville soient représentés. Izzet était reconnu dans sa communauté et oui, il a amené des voix. Mais ce serait mal me connaître que de penser que j’ai pu céder à des revendications communautaires. »

D’après l’ex-sénatrice, c’est sur un dossier de rénovation urbaine que sa recrue lui fut utile : « A Terraillon, composé majoritairement de copropriétés privées, il n’était pas aisé d’obtenir l’adhésion de la population à un programme de renouvellement qui prévoyait la démolition de 580 logements. Je me suis appuyé sur lui, comme sur d’autres. Il a joué un rôle positif. » Annie Guillemot confirme toutefois que son adjoint était « très pro-Erdogan ». « Mais à l’époque, Erdogan donnait des signes d’ouverture. Sur la question du génocide arménien, Izzet n’a jamais commis d’écart », ajoute-t-elle.

De Meyzieu à Décines, « la polémique Ozer »

Comme un détecteur de mensonges, « la question du génocide » joue le rôle de révélateur dans le conflit larvé qui empoisonne les municipalités de l’Est lyonnais. Illustration à Meyzieu, un des premiers bastions de la banlieue rouge-rose à être tombée dans l’escarcelle de la droite en 2001 et où vivent de nombreux Turcs ou Franco-Turcs, dans le quartier des Plantées. Cette année, la bataille municipale y fut rude. Successeur de Michel Forissier (LR) en cours de mandat, Christophe Quiniou est confronté à une fronde d’anciens adjoints et gagne sa légitimité au forceps : il devance de seulement 138 voix son rival de gauche Issam Benzeghiba, lequel a déposé un recours. Mais c’est sur un autre front qu’est fragilisé le maire-candidat pendant la campagne.

Une association arménienne (« VAN » pour « Vigilance arménienne contre le négationnisme ») l’accuse de compter un négationniste du génocide de 1915 sur sa liste. Dans le viseur : Michaël Ozer. « Calomnie », s’offusque Christophe Quiniou. Pour tenter d’éteindre l’incendie, à l’avant-veille du second tour, son équipe met en ligne sur Facebook une vidéo d’une quarantaine de secondes réunissant Michaël Ozer et Aline Sarkissian, qui figure également sur sa liste. Celle-ci appelle « la communauté arménienne à voter pour Christophe Quiniou ». À ses côtés, son colistier se présente comme un candidat « d’origine turque, modéré » qui « condamne fermement toute forme de négationnisme ».

 

Mais « la polémique Ozer » rebondit… à Décines, fief de la communauté arménienne. Toujours sur Facebook, l’élue de gauche Doriane Roux-Mouradian reproche à Laurence Fautra, la maire sortante candidate à un second mandat, de s’afficher à Meyzieu, dans le cadre des métropolitaines, « avec Christophe Quiniou et son candidat négationniste, franco-turc pro-AKP ». Photo à l’appui. Depuis, la première édile poursuit son opposante pour injures. De nouveau, le différend turco-arménien s’invite dans le débat local.

« Ma cliente est attaquée pour avoir estimé que Madame Fautra, aux  convictions à géométrie variable en fonction des lieux où elle se trouve, fait preuve d’un "carriérisme de mégère" et pour l’avoir qualifiée de "menteuse, vénale et vile" », détaille l’ancien élu écologiste Etienne Tête, avocat de Doriane Roux-Mouradian. « Concernant Monsieur Ozer, nous disposons de captures d’écran qui démontrent qu’il like des messages de deux individus négationnistes affichant des sympathies pour l’extrême-droite turque ou les Loups gris », ajoute-t-il.

L’audience s’est tenue au tribunal le 17 novembre. Résultat du délibéré, Doriane Roux-Mouradian a écopé d'une amende de 1000 euros avec sursis, assortie du versement à Laurence Fautra de 500 euros de dommages et intérêts ainsi que de 500 euros au titre des frais de justice. « Une condamnation minimaliste pour dissuader de faire appel, commente Etienne Tête. Mais c’est une question de principe, il en va de la liberté d’expression et nous allons interjeter appel. »

« Il m’arrive d’aller sur des sites bretons, ça ne fait pas de moi un partisan de l’indépendance de la Bretagne ! »

« C’est du grand n’importe quoi », fulmine Christophe Quiniou. « Il m’arrive d’aller sur des sites bretons et j’ai sans doute liké des messages de militants nationalistes, ça ne fait pas de moi un partisan de l’indépendance de la Bretagne !, ironise-t-il. Il fallait trouver un moyen de discréditer la liste. » Le maire de Meyzieu trouve ahurissant « d’être soupçonné de complaisance vis-à-vis de la communauté turque alors que certains de ses membres m’ont exprimé de manière vigoureuse leur mécontentement suite à mes prises de position en faveur de la cause arménienne ».

Contacté par Mediacités, Michaël Ozer considère cette polémique « sans fondement ». Le conseiller municipal majolans se désole « d’être ainsi renvoyé à ses origines. Je suis un simple habitant souhaitant consacrer du temps pour œuvrer pour sa ville. Je serais favorable à des initiatives permettant de casser les tabous entre communautés turque et arménienne. » En matière de syncrétisme, l’élu a de la ressource : présenté comme un militant LR par Christophe Quiniou - une appartenance partisane qu’il ne souhaite pas confirmer - Michaël Ozer est engagé sur le front syndical… à la CGT.

A retrouver le premier volet de notre enquête :

https://www.mediacites.fr/enquete/lyon/2020/12/01/dans-lest-lyonnais-linfluence-croissante-des-organisations-islamiques-turques/