Mais qu’est-ce qui cloche au sein du cube vert pomme de la Confluence, siège d’Euronews ? Pour la deuxième fois en cinq ans, « la chaîne d’information paneuropéenne multilingue » implantée à Lyon subit un plan social. Une quarantaine de postes sont menacés, soit 10% des effectifs, après une première purge, en 2016, d’une centaine de salariés. Euronews enregistre des pertes financières qui se chiffrent en dizaines de millions d’euros - plus de 22 millions d’euros de déficit en 2019 - pour un chiffre d’affaires annuel (hors subventions) d’environ 50 millions d’euros.           

Contrôlée depuis 2015 par Naguib Sawiris, un milliardaire égyptien adepte des paradis fiscaux [lire plus bas], la chaîne d’info en continu se débat dans les difficultés économiques. Sans surprise, peut-on écrire quand on se penche sur l’histoire d’Euronews. Bien que considérée comme « un organisme à but d’intérêt général européen », ce média n’a toujours été financé que de façon partielle et aléatoire par l’Union européenne (UE). Pire : Bruxelles semble aujourd’hui abandonner l’outil dont elle a voulu la création il y a une trentaine d’années. Dès 2021, la télévision verra fondre de manière significative [lire aussi plus bas] la subvention qu’elle reçoit de la Commission européenne.

« Traiter l’information d’un point de vue européen »

Mais rallumons la télé au début des années 1990. CNN couvre alors « en live » la guerre du Golfe. « Euronews est lancée pour faire face au monopole des chaînes anglo-saxonnes et traiter l’information d’un point de vue européen », rappelle Meriem Hachimi, chercheuse en sciences de l’information et de la communication et auteure d’un article scientifique sur le cas d’Euronews. A ses débuts, la chaîne, alors basée à Ecully, diffuse en français, anglais, allemand, espagnol et italien, puis en portugais à partir de 1999.

Parmi ses objectifs, Euronews doit participer au développement d’une « identité européenne ». Elle opte pour le choix d’un point de vue unique : les mêmes images pour toutes les langues. « Euronews est un véritable ovni dans le paysage médiatique international, avec des journalistes de différentes nationalités », reprend Meriem Hachimi. « Un Erasmus de l’information », se souvient, avec nostalgie, un ancien cadre de la rédaction. Pas facile toutefois de construire une antenne qui intéresse de Venise à Grenade, en passant par Lyon. « Il n’y a pas franchement de dénominateur commun aux intérêts de tous les Européens. Donc, éditorialement, c’est assez difficile », reconnaissait, en 2000, un rédacteur en chef adjoint.           

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Le siège social d'Euronews, à la Confluence. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

Si la chaîne est dotée d’une mission pour le moins ambitieuse, son modèle économique se révèle dès le début précaire. Avec un budget qui n’a jamais excédé quelques dizaines de millions d’euros, elle emploie peu de journalistes – moins de 100 avant les années 2000 et environ 200 aujourd’hui - qu’elle astreint à un rythme effréné. « Ici quand on s’assied à la machine à coudre, on coud toute la journée », raconte l’un d’eux. Une télé « low cost » selon les mots d’un autre, qui fait pâle figure face à BBC World News ou CNN International et à leurs budgets annuels de plusieurs centaines de millions d’euros… « La plupart de ses concurrents font partie de groupes importants qui les soutiennent ou sont financés par des États. Dans les deux cas, ils le sont presque toujours à perte, dans une vision d’influence », décrypte pour Mediacités un expert du secteur.           

De son côté, l’européenne Euronews n’est pas directement gérée par Bruxelles. La chaîne est d’abord détenue par plusieurs groupes audiovisuels publics membres de l’Union européenne de radio-télévision (UER) comme France Télévisions ou l’italien Rai. Mais leur soutien reste faible tout comme celui de l’Union européenne, qui finance le projet via des appels d’offres discontinus. Euronews peine à tenir la barre et, très vite, cherche d’autres sources de financement.            

« L’ouverture du capital au secteur privé en 1995 [soit deux ans après le lancement] (...), marque le primat des logiques économiques sur les logiques politiques », estiment les chercheurs Olivier Baisnée et Dominique Marchetti. En 1997, 49% du capital d’Euronews passe sous le contrôle du britannique Independent Television News (ITN). Mais, faute d’un marché paneuropéen, les rentrées publicitaires peinent à maintenir l’entreprise à flot. En 2003, les chaînes publiques finissent par reprendre la main, semblant renouer avec l’idée d’une télévision de service public… momentanément. 

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L'antenne d'Euronews, canal en français. Capture d'écran.

« Monopoliser » le discours sur l’Europe

De fait, les retrouvailles seront de courte durée. Les unes après les autres, les membres de l’UER se désinvestissent au fil des années 2000. « Les États ont préféré investir dans leur propre outil de diffusion à l’international : l’Italie crée Rai News 24 en 1999, la France, France 24, en 2006. Avec sa propre chaîne, pas besoin de tergiverser avec d’autres pays sur la ligne éditoriale », commente Meriem Hachimi. « Pour un État, disposer de son propre outil médiatique permet aussi de monopoliser le discours sur l’Europe », analyse Philippe Cayla, ancien président du directoire d’Euronews. De s’attribuer le mérite des décisions les plus judicieuses de l’UE… ou de la charger en cas d’échec d’une politique.

Serait-ce alors le moment pour Bruxelles de s’investir davantage ? En 2010, la Commission européenne décide de considérer la chaîne comme « un organisme poursuivant un but d’intérêt général dans le domaine de l’information ». Cette décision permet à Euronews de sortir des financements via des appels d’offres pour signer, avec la direction générale des réseaux de communication, du contenu et des technologies (DG Connect), des conventions pluriannuelles auxquelles se grefferont d’autres partenariats. Concrètement, via ce nouveau mécanisme, l’Union européenne versait, jusqu’à l’an dernier, entre 20 et 30 millions d’euros à la chaîne.

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Euronews, quai Rambaud, à Lyon. Photo : N.Barriquand/Mediacités.

« J’avais suggéré à la Commission de s’impliquer encore d’avantage et d’aller vers une forme de service public », se souvient Philippe Cayla. « Il n’est pas déraisonnable de penser que l’unique chaîne d’information européenne devrait bénéficier d’un financement public au moins égal à celui d’une chaîne d’information internationale soutenue par un État membre quelconque, c’est-à-dire de l’ordre de 100 millions d’euros par an, voire davantage si l’on tient compte du nombre de langues d’Euronews », écrit-il dans une note de 2010 à l’attention de la Commission, que Mediacités publie ici.

« Un montant très faible serait suffisant : avec un euro par foyer et par an, la collecte s’élèverait à 200 millions d’euros, un montant plus que suffisant pour financer le développement d’Euronews dans sa version la plus ambitieuse », argue-t-il. Pas de quoi séduire les décideurs bruxellois, plutôt portés sur la libre concurrence. Interrogée sur la lettre de l’ancien patron d’Euronews, la DG Connect a indiqué à Mediacités ne pas souhaiter la commenter.

Contrat de sponsoring avec Abu Dhabi 

Peut-on concilier l’intérêt général européen en matière d’information avec un fonctionnement privé et donc commercial ? Impossible, d’après Philippe Cayla. « Le marché de la publicité paneuropéenne est très concurrentiel et la concurrence y est hautement inégale, voire déloyale, puisque des chaînes commerciales ou assimilées, ce qui est le cas d’Euronews, y sont en concurrence avec des chaînes étatiques financées massivement sur fonds publics. Enfin il ne faut pas oublier que la ligne éditoriale strictement de service public d’Euronews lui impose des contraintes déontologiques auxquelles ses concurrents privés ne sont guère astreints », soulignait-il dans sa note.

Ces arguments ne suffiront pas. En 2014, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, adresse au commissaire à la société numérique Günther Oettinger une lettre de mission dans laquelle il suggère, pour stabiliser le modèle économique de la chaîne, de « développ[er] encore la mission de service public [d’Euronews], [notamment] en aidant à identifier de nouveaux partenaires ».

C’est ainsi qu’en 2015 l’égyptien Naguib Sawiris, ancien détenteur de la société de téléphonie Orascom Telecom aujourd’hui tourné vers les mines d'or africaines, acquiert pour 35 millions d’euros (via une augmentation de capital), 53% de la télévision européenne. Deux autres actionnaires arriveront en 2017 : l’américain NBC prend 25% des parts et apporte dans ses valises une nouvelle chaîne tout en anglais, tandis que plus modestement, avec 2% des parts, l’organisme émirati Abu Dhabi Media Investment Corporation (Admic) investit avec un contrat de sponsoring de 8,5 millions d’euros par an à la clef.           

En matière de partenariats avec des acteurs extérieurs à l’Union européenne, la chaîne n’en est pas à son coup d’essai... avec des succès divers. En 2001, l’arrivée au capital de la chaîne russe RTR avait permis le lancement de la version russe, tandis que Radio-télévision de Turquie (TRT) finance un canal en langue turque à partir de 2010 et la NTU ukrainienne, celui en ukrainien, à partir de 2011. Mais la chaîne ukrainienne lâche Euronews trois ans plus tard, laissant sur le carreau une quinzaine de journalistes et une dette d’environ 10 millions d’euros.           

Côté turc, alors que le Parlement français adoptait en 2012 une loi pénalisant la négation du génocide arménien, le groupe TRT aurait, selon Challenges, menacé de se retirer - ce qu’il finira par faire après la prise de contrôle par Naguib Sawiris. Le service en turc continue toutefois à être financé grâce aux Emiratis d’Admic, jusqu’à la fin du partenariat l’année dernière. 2020 marque aussi l’échec du contrat Africanews, signé en 2016 avec Télé Congo. La rédaction de cette filiale, qui avait pour ambition de devenir la chaîne d’information panafricaine d’information en continu, est rapatriée de Pointe-Noire, la capitale économique de la République du Congo, à Lyon.

Quant à NBC… L’américain a également filé en 2020, après le rachat par Comcast, le géant dont il dépend, de l’opérateur de télévision britannique Sky. « NBC a utilisé Euronews comme ballon d’essai en Europe », commente, désabusé, un ancien cadre du cube vert de la Confluence.

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L'antenne d'Euronews, en langue française. Capture d'écran.

Visiblement préoccupés par d’autres objectifs que « l’intérêt général européen », tous ces « partenaires » semblent loin de garantir la constance d’Euronews. « Oui, ces partenariats sont instables, reconnaît l’actuel président du directoire Michael Peters. Mais en même temps, c’est grâce à eux que nous sommes toujours là. » Un nouveau système de franchises avec des acteurs intéressés par la marque Euronews - le dispositif qui prévoit une charte éditoriale a été déjà été mis en œuvre en Albanie et en Géorgie, en attendant prochainement la Serbie - devrait selon lui permettre de corriger le tir. Les contrats signés en échange de l’utilisation du nom de la chaîne le sont pour une durée minimum de dix ans.

« Répondre aux attentes de l’audience et aux desiderata des annonceurs »

Ce n’est pas le seul plan du boss Peters pour tenter d’éviter le naufrage d’Euronews. En parallèle de la valse des actionnaires en tout genre, le programme « Next », lancé en 2015, change le visage d’Euronews en mettant fin au point de vue éditorial unique. « Le format ancien était froid et daté », justifie Michael Peters. Des rédactions par langue sont créées. Elles doivent permettre d’augmenter les audiences. La transformation permet aussi d’offrir aux annonceurs un public plus ciblé et donc plus monétisable. Dans le même élan, les « programmes sponsorisés », ces émissions payées par des annonceurs et vantant les charmes du tourisme à Tokyo ou de l’économie florissante de Dubaï, se multiplient à l’antenne. Et terminent de brouiller la ligne éditoriale - et le sérieux - de la chaîne…

Même démarche du côté du site Internet, à l’heure où Euronews relève, avec un peu de retard, l’enjeu du numérique. En parallèle des informations « classiques », on y trouve des fils thématiques (Culture, Sci-Tech ou Voyage) dédiés aux « soft news ». Autrement dit, des informations mélangées à du divertissement dans lesquelles l’Angola et Dubaï ont en ce moment la part belle. Un document d’analyse interne que Mediacités a pu consulter décrit ainsi une « [redéfinition de] l’équilibre des contenus, aujourd’hui dominés par le hard news, vers des thématiques plus spécialisées, pour répondre aux attentes de l’audience et aux desiderata des annonceurs ». « Nous n’avons rien inventé et la plupart des médias internationaux fonctionnent ainsi, défend Michael Peters. Les soft news financent les hard news. »

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Michael Peters, le président du directoire d'Euronews. Photo : CC BY 2.0-Web Summit.

« La colère, le découragement et la honte » de certains journalistes

La privatisation et les annonceurs ne suffisent pourtant pas à garder la tête hors de l’eau. En 2016, avec l’arrêt de la chaîne en ukrainien, le lancement d’Africanews et le déménagement d’Écully vers le luxueux siège du quai Rambaud, Euronews essuie un déficit de 16 millions d’euros, bien plus conséquent que ceux des années précédentes. En parallèle du plan « Next », ce mauvais résultat conduit l’entreprise à un premier plan social de 90 départs. S’ils ont été compensés depuis, la fin des contrats Admic et Africanews ainsi que la baisse des recettes publicitaires liée à la crise du Covid entraînent un nouveau plan social en 2021, qui concerne cette fois une quarantaine de salariés.

En interne, forcément, l’ambiance est morose. « Dans cette entreprise toujours précaire et de plus en plus commerciale, le mal-être de journalistes compétents et investis d’une mission de service public s'accroît chaque jour un peu plus », confie à Mediacités un membre de la rédaction. En décembre dernier, l’ancienne journaliste d’Euronews Michèle Bouchet publiait Zoonews ou la face obscure d’une chaîne « tout info » (plusieurs autres auteurs sont mentionnés, dont Maui Théorhems). Ingérences politiques, plagiats, influence des annonceurs sur la ligne éditoriale : l’essai énumère une série de dysfonctionnements de la chaîne. En conclusion, ses auteurs évoquent avec une certaine amertume « la colère, le découragement et la honte » de leurs confrères ou anciens confrères.

Une confiance qui s’étiole 

Combien d’années Euronews peut-elle encore tenir ? Media Globe Networks (MGN), la holding luxembourgeoise de Naguib Sawiris qui contrôle la chaîne a finalement racheté les parts de NBC et possède désormais 88% de la société. Bien que Michael Peters lui promette l’équilibre « d’ici trois à quatre ans », l’actionnaire égyptien n’a pas fait le choix de recapitaliser Euronews pour surmonter le déficit de 2020, mais de lui prêter 8,5 millions d’euros assortis, selon nos informations, d’un taux d’intérêt de 8%. « Le choix du prêt avec un taux très élevé raconte la confiance que Sawiris met dans ce média… », ironise un spécialiste du secteur. « MGN ne peut pas recapitaliser pour le moment au risque de diluer encore la faible part d’actionnariat public. Mais après tous les investissements déjà réalisés, le choix d’un nouvel apport montre bien la confiance de notre actionnaire », veut rassurer Michael Peters.           

CC BY-NC-SA 2.0-World Economic Forum
L'actionnaire majoritaire Naguib Sawiris. Photo : CC BY-NC-SA 2.0-World Economic Forum.

En matière de confiance, celle de la Commission européenne s’étiole indéniablement. « L’actionnariat extérieur pose aujourd’hui problème à Bruxelles, constate l’eurodéputée écologiste Salima Yenbou, membre de la commission culture et éducation où est discuté le dossier Euronews. Mais en même temps, c’est bien la Commission qui avait demandé à Euronews d’aller vers le privé ! » Avec la fin du dernier contrat pluriannuel, la DG Connect a décidé d’un financement provisoire de 16 millions d’euros en 2021 (contre, pour mémoire, 20 à 30 millions d’euros les années précédentes) puis d’un nouvel accord sur trois ans qui réduit progressivement sa subvention en dégageant des ressources pour des appels d’offres. Concrètement, par étapes, Bruxelles lâche la télé « paneuropéenne » basée à Lyon…

« Combien de temps faudra-t-il pour remonter un projet de ce type ? »

« A l'expiration du nouvel accord-cadre [dans trois ans], tous les fonds seront disponibles pour les appels d’offres », explique la direction générale des réseaux de communication à Mediacités. Retour, donc, à la case départ. « Oui, cela rendra les choses plus complexes, reconnaît Michael Peters. Mais je suis convaincu que nous décrocherons ces appels d’offres, car nous sommes les moins chers. »

La situation inquiète toutefois. « Si nous perdons Euronews, que se passera-t-il ? », interroge  Salima Yenbou. La députée européenne pointe le risque de récupération de la marque. « Et après, combien de temps faudra-t-il pour remonter un projet de ce type ?,  questionne-t-elle encore.  Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Nous devons préserver et améliorer ce qui existe, afin que la chaîne prenne sa place dans une vraie stratégie multimédia européenne qui reste à construire ». Un vœu pieu ? D’ores et déjà, la DG communique sur de nouveaux projets qui impliquent des chaînes concurrentes.

Parmi ceux ayant décroché les derniers appels d’offres, on trouve Sphera (porté par Café Babel et d’autres partenaires dont le lyonnais Arty Farty) ou encore ENTR (mené par France Médias Monde et la Deutsche Welle), qui doivent produire des contenus multilingues à destination des jeunes et adaptés aux réseaux sociaux. En parallèle, un projet au sein duquel les médias publics européens pourront échanger des contenus via un hub numérique sera coordonné par l'Union européenne de radio-télévision - l'UER aux commandes d’Euronews à l’origine. Comme un énième coup de boutoir contre la chaîne d’info du cube vert.

Quand Mediacités m’a proposé de travailler sur Euronews, j’ai d’abord éprouvé un sentiment mitigé. Certes, j’aime élargir les sujets locaux à l’international et cette chaîne « paneuropéenne » basée à Lyon dans ce drôle de cube vert m’offrait à ce titre un sujet intéressant. Mais je me suis toujours sentie déconnectée de cette télévision installée sur le quai Rambaud. En fait, comme beaucoup de Français, je ne l’avais jamais regardée auparavant. Il faut dire qu’Euronews est souvent reléguée au fin fond des bouquets de télévision numérique…

Et puis j’ai découvert que cette télévision avait été initialement pensée comme un organisme à but d’intérêt général pour informer les Européens et participer à l’édification d’une culture commune. Moi qui ne me trouve pas assez informée sur l’Europe, à l’heure du Brexit et autres replis identitaires, je me suis alors interrogée sur le déficit de notoriété d’Euronews et sur les raisons qui ont conduit ce média à se débattre aujourd’hui dans de telles difficultés économiques. Finalement, le sujet d’Euronews s’est révélé passionnant.

Pour cet article, je me suis appuyée sur le travail de chercheurs et d'experts, j’ai contacté des eurodéputés ainsi que la direction Connect de la Commission européenne. J’ai aussi sollicité des salariés, qui se sont montrés plutôt réservés : plusieurs n’ont pas souhaité échanger du tout, tandis que celles et ceux qui ont accepté de le faire, y compris des personnes déjà parties d’Euronews, ont exigé l’anonymat. Côté direction, j’ai pu discuter avec l’ancien président du directoire Philippe Cayla (2003-2011) et l’actuel, Michael Peters. Tous les deux ont longuement pris le temps de répondre à mes questions.