La vidéo-audience ou la justice « en mode dégradé »

La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer le phénomène : faute de moyens financiers et humains pour escorter des détenus aux tribunaux, le recours à la visioconférence se généralise dans les salles d’audience. Des magistrats et avocats s’en alarment.

visio-audience
Illustration : NB/Mediacités.

À la cour d’appel de Lyon, la salle d’Aguesseau résonne du va-et-vient des avocats drapés dans leurs toges. Dans ce décor, un grand téléviseur à écran plat tranche avec l’austérité du lieu. Une avocate munie d’une télécommande tente de régler la caméra plantée au-dessus. Un homme apparaît brièvement, le temps d’entrevoir son uniforme de l’administration pénitentiaire, puis laisse place à un détenu.

Agité, la trentaine, celui-ci enlève à moitié son masque. « J’entends pas ce que vous dites Madame ! », crie-t-il. Son audience se déroule péniblement, un grésillement parasite les échanges du début à la fin. « J’entends mal, j’entends rien ! J’ai pas un dernier mot à dire ? », interpelle le détenu alors que le juge s’apprête

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Temps de lecture : 6 minutes

Par Blandine Lavignon