Le ministère de l’Intérieur a formellement lancé la dissolution du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale)*, un collectif autonome qu’il assimile à un « groupement de fait incitant à la haine et à la violence » [comme l'ont annoncé, le 18 mars, nos confrères de Rue89Lyon]. Cette procédure, la première à viser un groupe d’extrême gauche depuis la dissolution d’Action directe en 1982, est aussi la première à se fonder exclusivement sur une nouvelle disposition de la loi « séparatisme », entrée en vigueur en août 2021. Le texte a ajouté un motif de dissolution à une liste déjà étoffée : la provocation « à des agissements violents à l’encontre des personnes ou des biens ». 

Le projet de décret, que Mediapart a pu consulter [lire à la fin de l'article, l'encadré "En coulisses"], a été notifié le 17 mars à un militant antifasciste désigné par le ministère de l’Intérieur comme « l’un des fondateurs et dirigeants » du Gale, ce qu’il dément. Sur cinq pages, les autorités exposent leurs arguments en faveur d’une dissolution : les termes employés par le groupe antifasciste sur les réseaux sociaux au sujet de l’extrême-droite et de la police, les publications qu’il relaie et sa participation supposée à des manifestations violentes. 

Pour Agnès Bouquin et Olivier Forray, les avocats du collectif, la procédure de dissolution vise « les idées antifascistes en elles-mêmes », c’est-à-dire « des valeurs protégées par l’ensemble des textes conventionnels, constitutionnels et légaux ». Ils viennent de faire parvenir la réponse du Gale au ministère, à l’issue du délai de dix jours qui leur était accordé.

D’après les avocats, « cette procédure de dissolution trouve sa seule justification dans la proximit . . .

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