Comme de nombreuses municipalités socialistes, Nantes a longtemps refusé la vidéosurveillance. Jusqu’au mois d’avril 2018, précisément, date à laquelle 104 caméras ont été installées dans l’espace public. Depuis, les faits et gestes des Nantais, comme les manifestations - celles des « gilets jaunes », par exemple - sont suivies en direct par le CSU, le centre de supervision urbain et ses 18 agents (dont 15 opérateurs vidéo). Apparemment conquise par le dispositif et alors que la question de la sécurité promet d’être au cœur de la campagne pour l’élection municipale de l’an prochain, Johanna Rolland a annoncé, le 27 mars, la pose de 30 caméras supplémentaires d’ici à 2020.

Drôle de concordance des dates, quelques jours plus tôt, le 21 mars, se tenait la première réunion du « comité d’éthique nantais de la « vidéoprotection » (le terme que la municipalité préfère à « vidéosurveillance »). Présenté comme un outil pour « garantir la protection des libertés individuelles », ce conseil restreint est le garde-fou principal du système. Non-obligatoire, il serait le fruit d’une exigence personnelle de la maire. « Niveau éthique, je veux que ce soit du 10 sur 10 », aurait requis Johanna Rolland avant le lancement du dispositif, rapporte Gilles Nicolas, son adjoint à la sécurité. Voilà pour les paroles rassurantes. Mais concrètement quel est le rôle de ce comité ? Qui le compose ? Et surveille-t-il vraiment ceux qui nous surveillent ? Pour le savoir, Mediacités s’est procuré le compte rendu de cette première rencontre. Et ses conclusions – très formatées - sont en demi-teinte.
Un seul cas étudié par le comité
Le comité d’éthique se réunit une fois par an pour accomplir sa principale mission : étudier les demandes d’accès au droit à l’image des citoyens. Hors dépôt de plainte, auquel cas les images sont directement saisies par les policiers, il est . . .

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