«Oh la la la la. La campagne électorale de la Chambre d’Agriculture ? Ah non, je préfère ne pas m’exprimer là-dessus. C’est beaucoup trop politique ! Il y a des sujets trop sensibles… » Est-ce un agriculteur qui parle ? Non, mais un élu de Loire-Atlantique. Du genre aguerri, pourtant. Suffisamment, en tout cas, pour savoir qu’il vaut mieux, pour un élu rural, rester discret dans ses commentaires envers « la Fédé » ou la Chambre. Ou les deux, ce qui revient au même, puisque, comme le résume un agriculteur, « il y a tellement de ponts et de passerelles qu’on ne sait plus ce qui est Chambre et ce qui est FNSEA ».

Drôle de campagne, en tout cas, que celle qui s’est achevée mercredi 30 octobre sur une victoire de la liste FNSEA-JA 44 (la déclinaison départementale de la « Fédé », le petit nom de la très puissante FNSEA, pour Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles). Conduite par Mickaël Trichet, cette dernière a emporté 48,6% des suffrages des 7000 agriculteurs de Loire-Atlantique appelés à voter. Devançant largement les listes de la Confédération paysanne (38,1 %) et de la Coordination Rurale (13,3 %). Le tout avec une participation de 58,6 %, un record national.

Officiellement, voilà qui met fin à une période chahutée et pleine d’incertitudes, liée notamment au projet de régionalisation des Chambres
Une réforme qui passe mal
La Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire n’est pas encore sortie des remous de sa « régionalisation », entérinée en mai 2017. La fusion des cinq Chambres départementales en une Chambre régionale semble avoir été mal vécue par les 650 salariés (et par la Mayenne, qui continue de faire bande à part). « Mutualisation au rouleau compresseur », « projet juridiquement mal ficelé »... Les mots sont rudes parmi les délégués syndicaux CFDT. Ces derniers redoutent un plan social, et observent de près ce qui se passe en Bretagne, où les syndicats évoquent « une centaine de licenciements ». « Dans les Pays-de-la-Loire aussi, nous nous préparons à un mouvement dur », évoque un délégué, qui décrit une ambiance détestable. « Pour la direction, autoritaire et paternaliste, nous sommes les suppôts de Satan », sourit-il tristement. « Nous voulons de la lisibilité sur le budget, pour comprendre les décisions. Eux considèrent qu’ils font ce qu’ils veulent avec leur politique. Pourtant, la Chambre n’est pas un outil des syndicats, ni de la FNSEA, ni de la Conf ! »

En Loire-Atlantique surtout, les salariés sont en première ligne dans l’étrange situation politique de la Chambre. La Conf’ n’a certes « gouverné » que pendant deux mois… mais cela a suffi pour révéler l’incroyable « bordel » (sic) qui semble régner dans cette Chambre Régionale : élus dans leurs départements, les présidents gardent la main sur leur budget… et si la Conf' avait été réélue, elle . . .

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