Une super affaire pour les géants du BTP, un manque à gagner terrible pour l’Etat… On le savait déjà, mais les conclusions du rapport de la commission sénatoriale rendues publiques la semaine dernière soulignent, une fois encore, le malaise : en privatisant ses autoroutes en 2006, l’Etat s’est privé de 7,8 milliards d’euros de recettes tout en offrant des profits énormes aux géants du BTP (Eiffage et Vinci en tête) qui les exploitent désormais. Pis (ou mieux, si l’on détient un nombre – conséquent – d’actions de ces deux sociétés), cette « rentabilité hors norme » ne fera que s’accroître dans les années qui viennent.

D'après une étude commandée par les sénateurs, les filiales autoroutières de Vinci et d’Eiffage atteindraient le seuil de rentabilité dès 2022. Soit plus de dix ans avant la fin de leurs contrats avec l’État. Résultat : les recettes de péages encaissées à partir de 2023 seraient "tout bénéf'" pour elles et leurs actionnaires, qui pourraient repartir in fine avec 70 milliards d'euros de dividendes
Jackpot
L'étude commandée par la commission d'enquête du Sénat estime que les actionnaires des sociétés concessionnaires d'autoroutes pourraient toucher jusqu'à 40 milliards d'euros de dividendes entre 2022 et la fin des contrats (entre 2031 et 2036). Auxquels s'ajoutent les dividendes déjà versés : 30,6 milliards d'euros (sources : rapports de la Cour des comptes, de l'Autorité de la concurrence et de l'Autorité de régulation des transports).

[/annexe . . .

Envie de lire la suite ?

Profitez de 24h d'accès gratuit pour lire cet article et tous les autres !

C'est parti !

Isabelle Jarjaille
Journaliste indépendante​ depuis 2011​, j'enquête sur la gestion des services publics par le privé et son impact sur les finances publiques.​ ​Mon livre enquête "Services publics délégués au privé, à qui profite le deal ?" est sorti le 27 mars 2018​. ​Je suis également en charge du cours Techniques d'enquête en licence Info Com à l'IUT de Lannion et je porte un projet d'éducation aux médias dans deux lycées agricoles. Je suis membre du bureau du Club de la presse de Bretagne, pour promouvoir les médias et ceux qui les font au quotidien : les journalistes, notamment les pigistes.